Grâce à sa facilité d'installation et à son coût compétitif, le béton s'impose comme un matériau durable et accessible pour aménager le paysage d'une maison. Statues, allées, jardinières, terrasses ou encore socles de poteaux destinés à stabiliser clôtures, terrasses en bois et pergolas : tout peut être réalisé en béton. Toutefois, ajouter une grande surface bétonnée à un jardin engendre des effets qui compliquent la culture de plantes saines. Hausse du pH du sol, alcalinité accrue des eaux de ruissellement et augmentation des températures du sol et de l'air peuvent en effet apparaître lorsqu'une part importante du paysage est recouverte de béton.
Maîtriser la chaleur
Exposées au soleil, les surfaces en béton sèchent et chauffent bien plus vite que la terre nue ou les massifs couverts de paillis ou de végétation. Ombrager le béton constitue la solution la plus simple pour éviter une accumulation excessive de chaleur dans l'air et le sol. Arbres d'ombrage, haies, auvents et plantes grimpantes feuillues bloquent les rayons du soleil tout au long de la journée, ralentissant voire empêchant cette montée en température.
Les effets négatifs de ces températures élevées se manifestent toute l'année. En hiver, la chaleur du béton provoque une fonte accélérée de la neige ou une reprise prématurée de la végétation, vulnérable au gel. En été, il faut arroser davantage pour éviter que les plantes ne flétrissent.
Une lumière amplifiée
Le béton de couleur claire réfléchit la lumière du soleil, aussi bien la lumière visible que le rayonnement infrarouge. Les rayons renvoyés par une allée ou un muret en béton blanc peuvent augmenter la température de l'air, décolorer les matériaux environnants et brûler la végétation. Pour limiter ce phénomène, peignez le béton dans une teinte plus foncée, rendez sa surface rugueuse ou installez des ombrages : autant de moyens de réduire l'énergie solaire réfléchie vers le jardin.
Gérer le ruissellement de l'eau
Une vaste étendue de béton, comme une allée carrossable ou une terrasse, est imperméable à la pluie et génère d'importants volumes de ruissellement. Si la zone n'est pas correctement nivelée, cette eau peut créer des flaques persistantes ou des sols détrempés, entraînant le dépérissement des plantes, un sol instable ou la prolifération des moustiques.
Si des zones humides apparaissent en bordure des grandes surfaces bétonnées, installez un drain français ou une tranchée remplie de gravier grossier afin de capter les eaux sans former de poches boueuses. Autre option : planter dans la zone de ruissellement une végétation tolérante aux sols gorgés d'eau. Enfin, des systèmes de drainage plus élaborés et plus coûteux peuvent être intégrés au paysage pour évacuer efficacement l'eau excédentaire.
Lutter contre la hausse du pH du sol
Le lessivage progressif des sels contenus dans le béton fait grimper le pH des sols voisins du jardin. Or, toutes les plantes ne tolèrent pas les conditions alcalines : les espèces sensibles affichent rapidement un feuillage jaunissant et une croissance ralentie, signes de carences nutritionnelles. Le fer et le magnésium figurent parmi les éléments devenus moins assimilables dans un sol à pH élevé.
Pour compenser ce phénomène, privilégiez les plantes calcicoles, c'est-à-dire tolérantes au calcaire, à proximité immédiate du béton, et réservez les espèces préférant les sols neutres ou acides aux zones plus éloignées. Vous pouvez également abaisser localement le pH grâce à des paillis acidifiants ou des amendements à base de soufre, d'ammonium ou d'aluminium. Attention toutefois : modifier le pH d'un sol à grande échelle reste coûteux et demande de la patience sur le long terme.
Source : https://jardin.98905.com/landscaping-outdoor-building/overall-landscape-planning/1007094389.html
