Les acides gras oméga-3 présents dans le poisson que nous consommons trouvent en réalité leur origine dans les algues, ce qui leur confère une véritable valeur nutritionnelle. Mais leurs applications agricoles sont tout aussi prometteuses. Une étude rédigée par des chercheurs du Laboratoire de recherche médicale et de nutrition de l'armée américaine, intitulée Algae Feeding in Humans (« L'alimentation humaine par les algues ») et publiée dans The Journal of Nutrition, affirmait déjà que « grâce à ses capacités photosynthétiques, l'algue peut s'avérer utile, dans des systèmes écologiques fermés, comme... source alimentaire ».
Compléments alimentaires pour l'homme
Avec une population mondiale en constante augmentation, la nécessité de trouver des solutions contre la faim dans le monde devient chaque jour plus pressante. Comme le souligne Algae Industry Magazine : « Les algues offrent un avenir alimentaire et énergétique durable, abordable, propre et neutre en carbone. » En matière agricole, un simple acre d'algues peut faire des merveilles : un acre de chlorelle produit autant de protéines que 994 acres d'orge, 95 acres de blé, 49 acres de maïs ou encore 21 acres de soja.
Des nutriments précieux pour l'alimentation animale
Le fumier contient de l'azote et du phosphore, deux éléments indispensables à une croissance agricole saine. Or, l'agriculture nourrit à son tour le bétail destiné à notre consommation. À l'instar des autres plantes, les algues sont photosynthétiques : ce processus leur permet d'extraire l'azote, le carbone et le phosphore présents dans les sols traités au fumier. Elles transforment ensuite le carbone en ce que l'on appelle la biomasse, qui se manifeste sous forme d'huiles, de protéines et de glucides — une combinaison idéale pour l'alimentation animale.
Récupération du carbone et du phosphore
Lorsque les cultures ne survivent pas assez longtemps pour absorber le carbone et le phosphore, ces éléments sont lessivés vers les ruisseaux et les rivières voisins. L'eau se retrouve contaminée et le sol perd le bénéfice de ces nutriments. Walter Mulbry, scientifique auprès de l'Agricultural Research Service, a démontré comment les algues peuvent récupérer l'azote et le phosphore des sols traités au fumier avant qu'ils ne soient emportés. Selon ses rapports, il est parvenu à « récupérer 60 à 90 % de l'azote et 70 à 100 % du phosphore contenus dans les effluents de fumier ».
Assainissement de l'environnement
Les multiples usages des algues produisent un effet positif sur l'agriculture environnante. Ces organismes extraient naturellement les matières de leur milieu immédiat : énergie, azote, carbone et phosphore sont tous absorbés par les algues. Cette capacité en fait d'excellentes alliées pour épurer les émissions des centrales électriques au charbon. Elles peuvent ainsi empêcher efficacement que ces polluants ne s'infiltrent dans les sols alentour et n'endommagent la végétation voisine.
Un engrais organique de premier choix
L'engrais organique figure parmi les meilleures applications agricoles des algues. Il peut s'avérer plus économique que le fertilisant issu du bétail. Des recherches ont montré que les agriculteurs obtiennent des résultats équivalents, voire supérieurs, avec des substrats de culture enrichis en algues. Une partie de l'étude de Mulbry consistait d'ailleurs à cultiver des jeunes plants de concombre et de maïs afin de comparer les résultats : il a constaté que les plants cultivés avec des engrais commerciaux ne performaient pas mieux que ceux cultivés dans des mélanges à base d'algues.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049828.html
