Dans son état naturel, le sol est rempli d'air et constamment aéré par les vers de terre, les fourmis et de nombreux autres organismes qui le brassent en permanence. Lorsqu'un terrain est mis en valeur pour l'agriculture, une pelouse ou un jardin, il subit toutefois de nouvelles contraintes. L'une des principales dégradations causées par l'homme est la compaction du sol : il s'agit de la réduction des espaces poreux situés entre les particules de terre, espaces qui servent normalement à stocker l'air et l'eau. Les tracteurs, les camionnettes et tous les autres véhicules exercent une pression sur le sol et le tassent. La forme la plus grave de compaction provoquée par les véhicules est l'orniérage.
La structure du sol
Le sol se compose d'un mélange de particules de trois tailles différentes : le sable, dont les grains sont les plus gros, puis le limon, et enfin l'argile, dont les particules sont les plus fines. Les grains de sable n'exercent entre eux qu'une très faible attraction : un sol riche en sable possède donc une structure très médiocre. Y creuser des ornières cause d'ailleurs relativement peu de dégâts.
En revanche, lorsqu'un sol contient beaucoup d'argile et de limon, les trois types de particules adhèrent beaucoup plus fortement les unes aux autres. Les racines des plantes sécrètent également des composés organiques qui agissent comme une colle et soudent entre elles les plus fines particules. La structure d'un sol se mesure à la qualité des agrégats formés par le sable, le limon et l'argile. Ces mottes s'organisent en structures meubles qui permettent aux plantes et aux organismes vivants d'interagir avec le sol.
Le poids des véhicules
Lorsqu'un véhicule roule sur le sol, son poids écrase sa structure. Certains sols argileux supportent davantage de charge qu'un sol limoneux, mais tous les sols sont endommagés dans une certaine mesure par le passage des véhicules. Plus le véhicule est lourd, plus le sol sera compacté.
Les machines agricoles ont été conçues pour répartir leur masse considérable sur la plus grande surface possible afin d'éviter de creuser des ornières. Malgré cette précaution, l'orniérage et la compaction restent inévitables. Les ornières correspondent à des zones où la structure du sol a été totalement détruite. Ces zones ont tendance à accumuler l'eau, car les particules y sont tassées de manière extrêmement serrée.
L'humidité
Rouler sur un sol humide augmente considérablement le risque d'ornières. Lorsque le sol est mouillé, les particules de sable, de limon et d'argile sont lubrifiées : le sol se compacte alors facilement, les particules pouvant glisser les unes contre les autres et combler les espaces poreux sous l'effet de la pression.
Travailler un sol détrempé est donc très néfaste pour sa structure : c'est lorsqu'il est humide qu'il présente le plus grand risque d'orniérage. Les ornières formées dans ces conditions persistent longtemps et sont difficiles à éliminer, car elles sont profondes et témoignent d'un sol fortement compacté.
Traitements et solutions
La rotation des cultures, incluant une période de repos où le champ est laissé en jachère, constitue un bon remède contre la compaction du sol. Chaque culture exige par ailleurs des pratiques de gestion spécifiques. Les cultures sans labour réduisent le nombre de passages des engins lourds dans les champs, ce qui favorise la reconstruction de la structure du sol.
Il faut toutefois garder à l'esprit que la réparation d'une structure de sol prend des décennies. Les zones ornées sont particulièrement difficiles à restaurer dans leur état naturel. La plantation de trèfle et d'autres plantes à racines profondes contribue néanmoins à recréer des pores dans le sol et à améliorer sa structure.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049409.html
