L'ossature bois, également connue sous le nom de construction à pans de bois ou « post and beam », représentait la technique dominante pour l'édification des murs jusqu'au milieu du XIXe siècle. Ce procédé repose sur l'assemblage de grandes pièces de bois au moyen d'embrèvements tenon-mortaise. Plutôt que d'utiliser des clous métalliques, les charpentiers employaient des chevilles en bois, des contrefiches, des fermes ou des poutres triangulées pour solidariser l'ensemble de la structure. Deux approches distinctes permettaient de réaliser cette charpente, selon le mode de façonnage des pièces de bois.
La méthode du traçage (scribe rule)
Dans l'ossature réalisée selon la règle du traçage, les assemblages d'une pièce de bois sont taillés sur mesure pour s'ajuster précisément aux assemblages d'une seconde pièce. Le charpentier utilise des outils de report spécialisés afin de transférer les dimensions, ainsi que toutes les irrégularités de la première pièce, sur la seconde. Ces repères, appelés « marques d'accouplement », garantissent un joint parfaitement serré. Bien que les pièces puissent remplir la même fonction, elles ne sont pas interchangeables avec cette méthode, car chaque liaison entre deux pièces est unique. Le traçage s'avère particulièrement utile pour assembler des bois équarris à la main, dont les dimensions ne sont pas uniformes.
La méthode de la règle carrée (square rule)
Lorsque les scieries ont commencé à produire des pièces de bois aux dimensions standardisées, les charpentiers ont mis au point de nouvelles techniques d'assemblage. La méthode de la règle carrée fait appel à des embrèvements en retrait. En taillant les joints dans un plan commun, les pièces peuvent être traitées comme si elles étaient uniformes, quelle que soit leur forme réelle. C'est cette méthode qui est aujourd'hui la plus répandue, car elle autorise l'utilisation de pièces interchangeables.
Les assemblages tenon-mortaise
Le système tenon-mortaise constitue le mode d'assemblage le plus courant en charpente bois. Il comprend une extrémité mâle, le tenon, taillé au bout d'une pièce, ainsi qu'une cavité femelle aux coupes droites, la mortaise, ménagée dans une seconde pièce. Des chevilles ou des tourillons en bois dur permettent ensuite de verrouiller solidement les deux éléments. Les herminettes servent à façonner les tenons et les mortaises, un travail particulièrement exigeant en main-d'œuvre.
Les évolutions esthétiques
Les bâtiments à ossature bois présentent des charpentes apparentes qui pouvaient donner à une maison un aspect inachevé. Pour remédier à ce problème, les charpentiers ont développé différents procédés d'assemblage à vocation également décorative. Ces techniques ne modifiaient pas le mode de fixation des pièces, mais transformaient l'apparence des poutres apparentes grâce à des arêtes obliques symétriques, des moulures arrondies ou d'autres ornements jugés plus agréables à l'œil par certains propriétaires.
Le choix des essences de bois
Dans la Nouvelle-Angleterre coloniale, les bois durs comme le chêne étaient initialement privilégiés pour la fabrication des ossatures murales. Toutefois, dès le milieu du XIXe siècle, les résineux tels que l'épicéa, la pruche et le pin sont devenus plus courants. Ces essences, tout comme le sapin de Douglas et le sapin blanc, résistent bien au gauchissement, se travaillent facilement et retiennent efficacement les clous.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/home-building/1007122758.html
