Deux cousins tropicaux souvent confondus
Pour qui ne connaît pas bien le monde des herbacées vivaces tropicales, les plantes du genre Alocasia semblent très proches — voire identiques — à celles du genre Colocasia. Leurs noms communs évocateurs, « oreille d'éléphant » et « taro », témoignent d'ailleurs de cette parenté. Les deux genres appartiennent en effet à la famille des aracées (Araceae), ce qui explique leurs nombreuses similitudes. Ce n'est qu'en observant attentivement leurs caractéristiques physiques, ou en étudiant leur diversité et leur répartition géographique, que des différences nettes apparaissent.
Diversité taxonomique
Le genre Alocasia compte environ 70 espèces d'herbacées vivaces tropicales originaires des forêts pluviales de l'Ancien Monde. On les rencontre du Sud-Est asiatique jusqu'au nord de l'Australie, en passant par de nombreuses îles de Malaisie et des Philippines. Le genre Colocasia, quant à lui, est bien plus restreint, même si les taxonomistes poursuivent leurs analyses pour déterminer quelles espèces y appartiennent réellement. En 2010, on dénombrait entre six et dix espèces de Colocasia, présentes aussi bien en Asie du Sud-Est que dans les régions tropicales d'Amérique centrale et du Sud.
Habitudes d'enracinement
Tous les Colocasia se développent à partir de tubercules, c'est-à-dire des tiges ou racines souterraines renflées, riches en tissus de réserve. Les Alocasia, eux, se composent principalement d'espèces issues de rhizomes : des tiges charnues horizontales, souvent ramifiées, qui stockent les glucides et poussent soit sous terre, soit à la surface du sol. Certaines espèces d'Alocasia poussent toutefois à partir de tubercules. Dans tous les cas, de petites racines partent des tubercules et des rhizomes pour ancrer la plante et absorber l'eau et les nutriments du sol environnant.
Caractéristiques du feuillage
Les plantes dites « oreille d'éléphant » ou « taro » produisent des feuilles ressemblant à des boucliers pointus, à des pointes de flèche ou à des coins triangulaires. Chez les Colocasia, le pétiole — la tige de la feuille — s'attache à la face inférieure du limbe plutôt qu'à son bord ou à sa marge : on parle botaniquement de feuilles peltées. Une fente part généralement du point d'attache du pétiole vers les bords de la feuille. À l'inverse, les jeunes feuilles d'Alocasia peuvent être peltées lors de leur émergence, mais à maturité, le pétiole se rattache clairement au bord du limbe ou juste à l'intérieur de celui-ci. Cette différence d'insertion crée un effet visuel distinctif : les feuilles de Colocasia semblent pendre au sommet de leurs tiges, tandis que celles des Alocasia sont souvent portées plus dressées et rigides sur la plante.
Reproduction
Les Alocasia comme les Colocasia se reproduisent de manière végétative grâce aux clones issus de leurs tubercules ou rhizomes souterrains. Sur le plan sexuel, les deux genres produisent une inflorescence typique des aracées : un spadice en forme de doigt entouré d'une spathe faisant office de cape. De minuscules fleurs mâles et femelles couvrent le spadice, pollinisé par des insectes ou des animaux en quête de nourriture. Les petits fruits qui peuvent se former sont des baies charnues contenant des graines. Celles des Alocasia sont rouges ou orange, tandis que celles des Colocasia sont vertes et brillantes.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007111897.html
