Plusieurs espèces de trèfle sont indigènes ou parfaitement adaptées aux États-Unis : le trèfle rouge, le mélilot (trèfle doux), le trèfle flèche et le trèfle incarnat. Toutes ces plantes sont des légumineuses fourragères et des cultures de couverture très appréciées. Les pissenlits, quant à eux, sont des plantes herbacées dotées de longues racines pivotantes qui s'installent rapidement et se propagent grâce à leurs graines transportées par le vent sur tout terrain perturbé.
Bien que le trèfle puisse théoriquement étouffer les pissenlits, ce scénario reste rare en pratique. Voici pourquoi.
Une relation mutualiste
Le trèfle et le pissenlit se rendent souvent service, entretenant ainsi une véritable relation de mutualisme. Le trèfle étant une légumineuse, il héberge dans ses nodosités racinaires des bactéries capables de convertir l'azote atmosphérique en azote assimilable par les plantes. Ce processus profite à toutes les plantes voisines, y compris les pissenlits.
De son côté, la racine pivotante du pissenlit explore les profondeurs du sol et y puise minéraux et nutriments. Lorsque ses feuilles tombent ou que sa racine meurt et se décompose, elle enrichit durablement la terre. Dans cette situation mutuellement avantageuse, aucune des deux plantes ne prend réellement le dessus.
L'influence de la hauteur du trèfle
Les pissenlits ne poussent pas très haut. Les variétés de trèfle vigoureuses peuvent donc rapidement les priver de lumière, surtout lorsque le couvert devient dense. Que ce soit par ombrage ou par compétition pour l'espace, les pissenlits risquent alors de ne pas se développer.
Cependant, dès que le trèfle est tondu ou fauché pour le foin, les graines de pissenlits restées dormantes germent aussitôt. De même, si la variété de trèfle est naine ou n'est pas autorisée à croître en hauteur, les pissenlits finissent par trouver une niche où capter suffisamment de soleil pour fleurir et produire leurs graines. Ils peuvent même, dans certains cas, étouffer le trèfle à leur tour !
Dans la pelouse
Une pelouse bien établie, dense et régulièrement tondue peut encore accueillir un peu de trèfle, mais les pissenlits y ont beaucoup de mal à survivre. Dans ce cas précis, ce n'est pourtant pas le trèfle qui évince les pissenlits, mais bien le gazon épais et à croissance rapide.
Pourquoi ne pas chasser les pissenlits ?
Les pissenlits sont comestibles, aussi bien pour l'homme que pour les animaux d'élevage. Leurs fleurs étaient d'ailleurs autrefois très populaires dans les salades d'été. En creusant profondément le sol, ils remplissent gratuitement une fonction essentielle : ils remontent les minéraux vers la surface et laissent derrière eux des poches d'humus là où leur racine pivotante s'est décomposée, aussi bien dans la pelouse qu'au pâturage.
Avec de telles qualités et une relation bénéfique de construction du sol partagée avec le trèfle, il est souvent préférable de ne pas laisser le trèfle évincer complètement les pissenlits. La coexistence des deux espèces demeure la meilleure option pour un sol fertile et équilibré.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-herbs/1007106629.html
