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Les fleurs réagissent-elles à la musique ?

En 1986, le prince Charles de Grande-Bretagne affirmait devant un journaliste que ses plantes semblaient répondre lorsqu'il leur parlait. Cette déclaration, selon laquelle les végétaux — fleurs comprises — réagiraient aux sons et aux voix, fut prise pour la fantaisie d'un royal excentrique et tournée en dérision par certains experts, alors même que cette théorie remonte à 1848. Plus récemment, des chercheurs se sont penchés sur les effets du son sur les plantes et les fleurs, notamment celui de la musique, et leurs travaux suggèrent qu'elles y répondent bel et bien.

Comment les plantes « entendent »

Des scientifiques sud-coréens ayant mené une expérience dans des rizières ont découvert que toutes les plantes, fleurs comprises, possèdent des gènes semblant capables d'« entendre » la musique : les gènes rbcS et Ald. Les chercheurs ont diffusé divers morceaux, dont la « Sonate au clair de lune » de Beethoven, et ont constaté que les sons situés entre 125 et 250 hertz rendaient ces gènes plus actifs, tandis qu'une fréquence de 50 hertz les rendait moins actifs. Ils ont également observé que plus la fréquence était élevée, plus l'activité génétique augmentait. Pour pousser leur démonstration plus loin, les scientifiques ont renouvelé l'expérience dans l'obscurité totale, obtenant les mêmes résultats. Certains chercheurs restent toutefois sceptiques, estimant que trop peu de variétés de plantes ont été testées pour tirer une conclusion définitive.

L'effet des tons continus

En 1973, Dorothy Retallack publiait les résultats de ses expériences sur l'influence des sons sur les plantes et les fleurs. Elle en mena plusieurs ; la première reposait sur l'usage de tons continus avec un groupe témoin. Elle diffusa ainsi un ton continu pendant huit heures : les plantes moururent en moins de 14 jours. Dans une autre pièce, elle fit jouer ce même ton trois heures par intermittence : ces plantes prospérèrent. Enfin, dans une troisième salle, elle ne diffusa aucun son : les plantes survécurent, sans toutefois s'épanouir.

L'influence des genres musicaux

Retallack mena ensuite une seconde expérience, cette fois en diffusant deux styles de musique. Dans une pièce, elle accorda la radio sur une station de musique classique ; dans une autre, sur une station rock. La musique fut diffusée trois heures par jour. Cinq jours après le début de l'expérience, les deux groupes de plantes avaient réagi : celles exposées à la musique classique poussaient vigoureuses et saines, tandis que celles exposées au rock étaient chétives, aux feuilles plus petites. Après deux semaines, les fleurs de la pièce où résonnait le rock pendaient tristement et se courbaient loin de la radio, alors que celles baignées de musique classique étaient luxuriantes et harmonieuses. Les instruments à percussion joués seuls eurent peu d'effet sur les fleurs, mais la musique dissonante provoqua leur mort.

Conclusion

L'étude sud-coréenne semble corroborer les travaux pionniers de Dorothy Retallack concernant les plantes et le son. La meilleure musique à faire écouter aux plantes, fleurs comprises, reste donc celle aux tonalités apaisantes, idéalement la musique classique de Vivaldi, de Beethoven et de Mozart. La musique country et les sons ambiants ont peu d'effet sur la croissance, mais la musique dissonante — celle d'Arnold Schoenberg, par exemple — semble tuer la plupart des plantes.


Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/flower-basics/1007099745.html
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