Bien que les tissus remontant aux débuts de la civilisation humaine aient disparu depuis longtemps, les spécialistes sont certains que le tissage se pratique depuis des millénaires. Développé en parallèle de la vannerie, cet art s'exerçait à l'origine sur des métiers suspendus verticalement aux branches des arbres. Les métiers horizontaux posés au sol, les métiers à fosse, les métiers à cadre et les métiers à bande dorsale ont tous précédé le métier de sol, qui demeure aujourd'hui utilisé aussi bien par les maîtres tisserands que par les artisans amateurs.
Les types de métiers à tisser de sol
Bien qu'ils fonctionnent selon des principes similaires, il existe trois grandes familles mécaniques de métiers de sol : le métier à contrepoids, le métier à leviers et le métier à contre-marche.
- Le métier à contrepoids est le plus traditionnel : lors de la formation de la foule pendant le tissage, certains fils montent tandis que d'autres descendent simultanément.
- Le métier à leviers, souvent appelé métier « à foule montante », possède des lames qui se soulèvent lorsqu'une pression vers le bas est exercée sur une pédale. C'est le modèle le plus répandu chez les tisserands contemporains.
- Le métier à contre-marche, parfois orthographié « contre-marche », mobilise toutes les lames dans chaque foule : lorsque certaines sont soulevées, d'autres sont tirées vers le bas, ce qui garantit une tension parfaitement équilibrée de la chaîne.
La terminologie essentielle du tissage
Les différents métiers de sol partagent une terminologie commune avec les autres types de métiers. Voici les termes fondamentaux à connaître :
- Chaîne : les fils qui courent verticalement et constituent la base du tissu.
- Mailles (lisses) : éléments métalliques fixés aux lames, pièces mobiles qui maintiennent les fils de chaîne.
- Foule : l'espace créé entre les lames lorsque celles-ci se déplacent.
- Trame : les fils passés horizontalement dans la foule au moyen d'une navette.
- Peigne ou battant : l'outil qui tasse chaque passage de trame en place.
- Canettes : bobines qui contiennent le fil de trame.
- Frein : dispositif qui immobilise le métier lorsque nécessaire.
- Pédales : commandes actionnées au pied qui déplacent les lames.
Choisir son métier à tisser
Au moment de sélectionner un métier, le tisserand doit prendre en compte plusieurs critères déterminants :
- La taille du tissage fini envisagé, qui détermine la largeur d'ensouple nécessaire ;
- L'espace disponible dans la pièce où le travail sera effectué ;
- La position des pédales, montées à l'avant ou à l'arrière du métier.
Privilégiez également un banc indépendant du métier et réglable en hauteur : une fois assis, le tisserand doit être confortablement installé et bien équilibré afin de travailler sans fatigue excessive. Parmi les principaux fabricants de métiers de sol figurent Glimakra (glimakrausa.com), Harrisville Designs (harrisville.com), Leclerc Looms (leclerclooms.com), Louet (louet.com) et la Schacht Spindle Company (schachtspindle.com).
Le processus de tissage étape par étape
Malgré leurs différences mécaniques, les trois types de métiers de sol suivent le même processus général de fabrication du tissu.
- Formation de la foule : lorsque le tisserand enfonce les pédales choisies, le mouvement mécanique soulève les lames et tire vers le haut les fils de chaîne correspondants, ouvrant ainsi la foule.
- Passage de la navette : la navette chargée du fil de trame traverse la foule de gauche à droite.
- Tassage de la trame : le peigne est ramené vers le tisserand pour verrouiller fermement les fils en position, puis retourne à sa position de repos.
- Inversion du mouvement : le tisserand change de pédale, ce qui forme une nouvelle foule dans laquelle la navette repart vers son point de départ. Le peigne est à nouveau actionné.
- Rythme et progression : au fil du travail, le tisserand développe son propre rythme, presque méditatif. Le tissu achevé s'enroule progressivement autour d'un rouleau situé face au tisserand.
- Finitions : une fois l'ouvrage terminé, le tissage est retiré du métier et les extrémités des fils sont soigneusement finies (nouées, frangées ou cousues).
Maîtriser ces gestes fondamentaux demande de la pratique, mais la régularité du mouvement fait rapidement du tissage sur métier de sol une activité à la fois technique et profondément gratifiante.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/decorating-materials-supplies/1007059686.html
