Il peut être tentant de se rendre dans un magasin de bricolage et d'acheter le plus grand climatiseur que l'on peut se permettre. C'est pourtant souvent une mauvaise idée : trouver la taille idéale d'un climatiseur est un processus complexe. Les professionnels du chauffage, de la ventilation et de la climatisation (CVC) utilisent une méthode de calcul appelée « Manual J » (disponible sous forme imprimée ou logicielle) pour déterminer la puissance adaptée aux maisons et aux bâtiments.
Installer un climatiseur trop puissant est pire qu'en installer un trop petit. Il vaut mieux qu'un appareil fonctionne davantage pour extraire l'humidité de l'air que de fonctionner moins longtemps et laisser une humidité excessive, laquelle donne une sensation de chaleur inconfortable.
L'environnement extérieur
L'un des tableaux les plus importants utilisés par les installateurs CVC pour dimensionner un climatiseur repose sur l'environnement extérieur du lieu d'installation. Les régions connaissant des étés longs et chauds nécessitent une capacité de refroidissement supérieure, car les unités doivent fonctionner plus longtemps pour rafraîchir l'air. Le manuel recommande de maintenir les habitations à une température comprise entre 24 et 26 °C (75 à 78 °F) et fournit des tableaux indiquant les températures estivales typiques des villes et communes. Il conseille de soustraire 75 °F (environ 24 °C) de la température estivale normale afin d'établir une base de calcul représentant l'écart de température à combattre.
Les fenêtres et les portes
Après les températures extérieures du lieu, le nombre de fenêtres d'une maison ainsi que leur taille et leur qualité constituent le facteur de calcul suivant en importance, car le transfert de chaleur à travers les vitrages peut être considérable. Le manuel prend en compte l'orientation des fenêtres et la quantité de soleil direct qui les traverse. Les auteurs du Manual J désignent ce paramètre sous le nom de coefficient de transfert thermique (« heat transfer multiplier »). Ce coefficient intègre également la surface des portes extérieures ainsi que leur type. Par exemple, une porte en bois massif résiste mieux à la chaleur qu'une porte métallique.
Les murs, le toit et les planchers
Le manuel tient également compte de la résistance à la chaleur offerte par les murs, les fenêtres et les planchers. Les niveaux d'isolation varient, et le terme technique désignant le degré d'isolation qui empêche la chaleur d'entrer est appelé valeur R. Des valeurs R élevées aident le bâtiment à limiter les gains de température causés par l'air chaud pénétrant par les surfaces extérieures. Renforcer l'isolation, notamment au niveau du toit, permet de garder les maisons plus fraîches, en particulier dans les régions très ensoleillées. Le type de revêtement de sol joue aussi un rôle : la moquette, par exemple, freine la transmission de la chaleur provenant des fondations vers l'intérieur du logement. Le Manual J intègre enfin les infiltrations d'air par les portes, les fenêtres et les prises électriques, un problème plus fréquent dans les habitations anciennes ou mal construites.
La chaleur latente
Le calcul de la chaleur latente combine les habitudes de vie et le nombre d'occupants du logement. Les appareils électroménagers comme les réfrigérateurs, les cuisinières et les fours dégagent de la chaleur, tout comme les ampoules, les ordinateurs et les téléviseurs. De plus, les êtres humains émettent continuellement de la chaleur corporelle. Une maison occupée par quatre personnes nécessite donc plus de puissance de refroidissement qu'une maison habitée par une seule personne.
En croisant ces différents tableaux — climat local, ouvertures, qualité de l'enveloppe du bâtiment et apports de chaleur internes — le Manual J permet de déterminer la puissance exacte requise, exprimée en BTU ou en tonnes de froid, afin d'éviter aussi bien le surdimensionnement que le sous-dimensionnement de l'installation.
Source : https://jardin.98905.com/home-appliances/air-conditioners/1007051017.html
