Les tamias, notamment l'espèce orientale (Tamias striatus), sont souvent perçus comme des nuisibles par les propriétaires de mangeoires à oiseaux et de potagers. Pourtant, bien qu'ils ne mesurent qu'environ 25 centimètres à l'âge adulte, ces petits rongeurs rendent un service précieux à la terre. Du stockage de graines au creusement de terriers, ils enrichissent le sol au fil de leurs allers-retours quotidiens entre les branches des arbres et leurs refuges souterrains.
Un sol aéré grâce aux galeries souterraines
Les tamias creusent d'importants réseaux de terriers pour échapper aux prédateurs pendant la journée, ne sortant que pour se nourrir. À l'image du travail des vers de terre, ils aèrent le sol en créant de nombreuses galeries pouvant atteindre 9 mètres de long. Sans cette aération, un sol compacté entraîne une croissance racinaire médiocre et une absorption limitée des nutriments. Les plantes et les arbres perdent alors leur ancrage essentiel, car leurs racines ne peuvent plus s'étendre aussi bien verticalement qu'horizontalement. Grâce à un sol ameubli par l'activité des tamias, les racines accèdent librement à l'humidité, aux nutriments et à l'oxygène nécessaires à une croissance vigoureuse.
Un véritable labour naturel
La plupart des racines végétales se développent dans les 60 à 90 premiers centimètres de sol, selon les espèces. À cette profondeur, elles puisent l'eau des pluies récentes ainsi que les éléments nutritifs indispensables à leur survie. En creusant parfois jusqu'à près d'un mètre de profondeur, les tamias remontent progressivement la terre des couches profondes vers la surface. Les nutriments et l'humidité piégés en profondeur deviennent ainsi accessibles aux racines. Dans une zone appauvrie par une mauvaise gestion des sols, le creusement des tamias peut régénérer les couches superficielles et favoriser une croissance rapide et saine des plantations.
Des jardiniers qui sèment sans le savoir
Noix, graines et baies figurent parmi les aliments que les tamias thésaurisent dans leurs profondes caches. Ils peuvent d'ailleurs parcourir d'autres jardins ou parcs pour dénicher leurs mets préférés et constituer leurs réserves pour l'hiver. En raison de ces habitudes de collecte et de stockage, nombreuses sont les graines oubliées qui germent avec l'arrivée du printemps. Le sol tire profit de ces nouvelles plantes : leurs racines aèrent la terre et stabilisent le terrain contre l'érosion. La diversité végétale constitue un autre avantage, car différents grains de pollen viennent féconder les jeunes plants égarés, donnant naissance à des spécimens plus robustes.
Un apport naturel de nutriments
Bien qu'ils n'hibernent pas, les tamias se reposent périodiquement durant l'hiver. Ils confectionnent souvent un nid à partir de feuilles mortes rapportées sous terre. Leur alimentation mêle végétaux et matières animales : œufs d'oiseaux abandonnés, champignons, etc. À mesure que cette litière et ces réserves alimentaires se décomposent, elles libèrent des nutriments essentiels dans le sol, à la manière d'un compost incorporé à la terre. De plus, comme les tamias consomment également des champignons, des mycéliums bénéfiques se développent sous terre, créant un environnement stable et humide particulièrement propice à la croissance des plantes.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007006388.html
