Dans le secteur de la construction, la valeur d'un matériau s'évalue selon plusieurs critères : solidité, résistance aux chocs, durabilité... Parmi ces indicateurs figure la résistance à la flexion, qui mesure la capacité d'un matériau à supporter une charge sans se rompre sous l'effet de la flexion. Déterminer cette caractéristique pour les bardeaux d'asphalte soulève toutefois plusieurs difficultés, tant par la nature même de cette mesure que par les méthodes employées pour la réaliser.
Qu'est-ce que la résistance à la flexion ?
La résistance à la flexion désigne l'aptitude d'un matériau de construction à ne pas céder lorsqu'il est plié. Cette mesure indique le poids maximal que l'on peut placer directement sur un élément avant qu'il ne se courbe suffisamment pour se briser. Elle s'avère particulièrement pertinente pour les matériaux de construction lourds comme le béton, les poutres métalliques ou encore les surfaces telles que les planchers et les toitures.
Pour mesurer la résistance à la flexion, les professionnels chargent de petites poutres de béton ou d'autres poids sur un matériau suspendu jusqu'à sa rupture, puis calculent le poids total supporté avant le point de cassure.
La composition des bardeaux d'asphalte
Les bardeaux d'asphalte se composent généralement de trois couches de matériaux :
- La nappe : fabriquée en fibre de verre ou en feutre organique, elle assure le soutien du bardeau et favorise son adhérence au toit.
- Le matériau principal : généralement un mélange d'asphalte et de charges comme de petites pierres ou du goudron, il constitue l'essentiel du bardeau.
- La couche supérieure : elle contient des granules minéraux offrant une protection contre les UV, les impacts et le feu.
Les constructeurs privilégient les bardeaux d'asphalte car ils résistent aux températures extrêmes, ne se dégradent pas sous l'effet constant de l'humidité, de la neige et de la pluie, nécessitent peu d'entretien, réduisent les coûts et offrent une bonne résistance au feu et aux vents violents.
Une mesure difficile, voire inutile
Mesurer la résistance à la flexion des bardeaux d'asphalte représente une tâche ardue et potentiellement sans objet. En effet, les bardeaux de toiture n'assurent aucun rôle porteur : ils protègent simplement le toit contre les intempéries et les dommages causés par les rayons ultraviolets. C'est la charpente elle-même — poutres, ossature, fermes — qui supporte le poids.
Par conséquent, les fabricants ne conçoivent pas leurs bardeaux en tenant compte de la résistance à la flexion et ne fournissent aucune donnée à ce sujet. De plus, la méthode de mesure classique consiste à poser des poutres de béton sur un matériau jusqu'à sa rupture. Or, les bardeaux d'asphalte sont généralement trop petits pour que cette méthode soit applicable.
Bardeaux d'asphalte et asphalte routier : deux usages bien distincts
Il ne faut jamais utiliser les bardeaux d'asphalte dans des applications portantes, sauf si le fabricant les a spécifiquement conçus à cet effet. Bien que les bardeaux neufs puissent présenter une grande souplesse, ils ne supportent qu'un poids très limité.
L'asphalte utilisé pour les routes, en revanche, présente une résistance à la flexion élevée. Il doit en effet pouvoir soutenir le flux constant de charges importantes provenant des voitures, camions et autres véhicules. La résistance à la flexion de l'asphalte dépend de la qualité du mélange utilisé pour produire chaque lot.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/building-materials-supplies/1007116047.html
