Selon l'Institut américain des architectes (American Institute of Architects), il existe une corrélation directe entre les bâtiments et la santé mentale et physique de leurs occupants. Cette réalité est particulièrement manifeste dans le secteur de la santé : des études ont démontré que les patients disposant d'une vue sur la nature après une opération quittaient l'hôpital plus tôt, consommaient moins d'antalgiques et présentaient moins de complications.
Fortes de ces constats, de nombreuses équipes d'architectes cherchent aujourd'hui à concevoir des établissements dont l'environnement influence positivement le rétablissement des patients. La pratique fondée sur des preuves (evidence-based practice) leur permet d'y parvenir. Elle s'articule autour de quatre niveaux qui décrivent les différentes manières d'intégrer la recherche dans le processus de conception.
Niveau 1 : se tenir informé et s'inspirer des recherches existantes
À ce premier niveau, les architectes se tiennent constamment au courant des tendances récentes, en particulier dans les domaines de recherche traitant de la relation entre l'environnement et le bâti. Ils étudient les retours d'expérience de projets similaires et s'appuient sur ces informations pour élaborer leurs conceptions. En créant des exemples issus de la recherche qui améliorent la qualité globale du design, ces professionnels font progresser leur discipline. À mesure que de nouvelles études environnementales sont publiées, les conceptions peuvent être ajustées et perfectionnées. C'est ainsi que l'architecture continue d'évoluer et de s'adapter aux besoins du public comme aux préoccupations des maîtres d'ouvrage.
Niveau 2 : anticiper et mesurer les résultats
Au deuxième niveau, les architectes analysent les résultats possibles de leurs décisions afin d'en vérifier les effets. Concrètement, ils identifient toutes les implications de leur projet. Ils suivent une démarche logique qui va de la recherche aux implications, puis jusqu'au résultat final mesurable. Cette méthode permet d'écarter les idées purement subjectives et de concevoir des projets viables, véritablement ancrés dans la recherche. La démarche rappelle la méthode scientifique : une hypothèse est formulée, puis testée. À ce stade, l'architecte ne se contente pas de rechercher une bonne idée de conception ou une intervention pertinente : il mesure également les performances du design une fois celui-ci réalisé.
Niveau 3 : publier et partager les résultats
Après avoir appliqué les deux premiers niveaux, les architectes de niveau trois publient leurs résultats. Cette étape permet de faire sortir une information précieuse du cercle restreint d'un architecte isolé ou d'une seule équipe. La diffusion peut se faire via Internet, dans les publications professionnelles ou lors de conférences publiques. Ce partage enrichit l'ensemble de la communauté des architectes, mais il soumet aussi les données à l'examen du public. Le design est ainsi mis à l'épreuve, ce qui contribue considérablement à faire avancer la discipline architecturale.
Niveau 4 : intégrer toute la démarche et collaborer avec la science
Les praticiens de ce quatrième niveau combinent tous les autres : ils suivent les tendances et mènent des recherches, formulent des hypothèses sur les résultats attendus, puis rendent compte des résultats obtenus. Ils publient leurs travaux dans des revues spécialisées et n'hésitent pas à collaborer avec des universitaires et des chercheurs. Toute faille conceptuelle sera détectée lors de cette étape rigoureuse. Cette démarche fait dialoguer le monde de l'architecture avec celui de la science. D'autres sources de savoir peuvent également être mobilisées : l'économie, l'anthropologie, la psychologie, la sociologie, le management ou encore l'ingénierie. À mesure que les conceptions évoluent avec les besoins et la recherche, l'architecture peut elle aussi se transformer pour mieux répondre aux attentes du public.
En définitive, ces quatre niveaux ne constituent pas des étapes figées, mais un continuum : plus l'architecte gravit les échelons, plus sa pratique gagne en rigueur et en impact. Dans un contexte où le bien-être des occupants devient un critère central de la conception, la pratique fondée sur des preuves s'impose comme un levier essentiel pour créer des bâtiments qui soignent autant qu'ils abritent.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/building-designs/1007115289.html
