La tourbe de sphaigne, souvent appelée simplement « tourbe », a longtemps constitué l'ingrédient principal des mélanges sans terre destinés au semis et au repiquage. Face aux préoccupations environnementales croissantes, de nombreux jardiniers se tournent désormais vers des alternatives. La fibre de coco, obtenue à partir des enveloppes broyées des noix de coco, s'impose comme un substitut prometteur. Reste à savoir lequel de ces deux substrats offre les meilleures caractéristiques de culture — et le niveau de pH constitue justement un critère déterminant.
Des préoccupations environnementales contradictoires
La tourbe est une matière organique partiellement décomposée qui se forme très lentement dans les tourbières acides. L'intérêt porté à la fibre de coco découle principalement de l'inquiétude suscitée par l'exploitation de la tourbe : celle-ci serait récoltée plus vite qu'elle ne s'accumule, ce qui en ferait une ressource non durable. Cette affirmation fait toutefois débat et n'est pas universellement acceptée. Les détracteurs de la tourbe soutiennent également que son extraction cause des dommages durables aux écosystèmes des zones humides.
La fibre de coco n'est pas exempte de critiques non plus : son transport depuis les régions tropicales productrices de noix de coco jusqu'au reste du monde représente un coût financier et environnemental considérable.
Le pH, un facteur clé des substrats de rempotage
Les jeunes plants repiqués ont besoin d'un substrat soigneusement préparé pour compenser leur espace racinaire restreint, tout en soutenant la croissance rapide attendue d'un plant occupant un précieux espace de culture sous abri. Il est difficile d'apporter suffisamment de nutriments dans le petit volume de terreau alloué à chaque plant ; on recourt donc généralement à des engrais solubles. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour le pH, qui dépend essentiellement de la composition initiale du substrat.
Un pH approprié est peut-être l'aspect le plus important d'un mélange de rempotage, car il conditionne la disponibilité de nombreux nutriments essentiels pour les plantes.
S'adapter à l'acidité de la tourbe
Le pH idéal d'un sol de jardin se situe entre 6,0 et 6,8, mais les mélanges sans terre offrent une meilleure disponibilité des nutriments lorsque le pH se situe entre 5,0 et 5,5. La plupart des ingrédients classiques d'un terreau — compost, perlite, vermiculite — ont peu d'effet sur le pH global : celui du produit final reflète donc souvent celui de la tourbe.
Avec un pH compris entre 3,8 et 4,3, la tourbe de sphaigne est très acide. Il faut donc incorporer soigneusement de la chaux agricole (carbonate de calcium) pour élever le pH à un niveau acceptable avant toute utilisation.
Les propriétés chimiques de la fibre de coco
À bien des égards, la fibre de coco rivalise avec la tourbe : elle lui ressemble visuellement et offre des avantages similaires en matière de rétention d'eau, de stabilité structurelle et de drainage. Son pH est toutefois nettement plus élevé, se situant entre 5,8 et 6,5.
Cette caractéristique présente un avantage : aucun ajout de calcaire n'est nécessaire pour corriger l'acidité. En revanche, la croissance des plantes peut s'avérer inférieure à l'optimum, car le pH de la fibre de coco dépasse légèrement la plage idéale de 5,0 à 5,5 recommandée pour les substrats sans terre. Ce pH plus élevé peut aussi poser problème sur le plan sanitaire : l'acidité naturelle de la tourbe est parfois considérée comme bénéfique, car elle inhibe certains champignons pathogènes susceptibles d'endommager les jeunes semis.
En résumé
La tourbe affiche un pH très acide (3,8 à 4,3) qui exige un amendement à la chaux, tandis que la fibre de coco, avec un pH de 5,8 à 6,5, s'utilise telle quelle mais dépasse légèrement la plage optimale. Le choix entre ces deux substrats dépendra donc de votre disposition à corriger le pH, de vos priorités environnementales et des besoins spécifiques de vos cultures.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/indoor-growing/1007025990.html
