Oui, la mousse espagnole (Tillandsia usneoides) pousse bien en touffes, formant de longues guirlandes suspendues de tiges filandreuses gris-vert qui pendent des branches des arbres. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne s'agit pas d'une véritable mousse : c'est une broméliacée de la famille de l'ananas (Broméliaceae). Elle se développe sur une grande variété d'arbres, notamment les chênes (Quercus spp.) et les cyprès (Taxodium spp.). Rustique dans les zones de rusticité 8 à 11 du département américain de l'Agriculture (USDA), elle prospère dans le sud-est des États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
Description de la mousse espagnole
Bien qu'elle ressemble à un amas de matière filandreuse, la mousse espagnole est en réalité composée de fines branches ramifiées portant de petites feuilles étroites. Toute la plante est recouverte d'écailles imbriquées qui lui confèrent cet aspect argenté caractéristique. Ses longues tiges souples s'enroulent autour des plantes ou d'autres surfaces pour trouver un soutien.
Au printemps, elle produit des fleurs verdâtres discrètes mais parfumées, suivies de capsules de graines mesurant environ 1,3 à 1,9 cm de long. Chaque capsule peut contenir jusqu'à 23 graines, disséminées par le vent et les oiseaux, ce qui explique sa capacité à coloniser rapidement de nouveaux arbres.
Croissance et mode de vie épiphyte
La mousse espagnole est une plante épiphyte : elle pousse sur d'autres plantes sans pour autant puiser ses nutriments chez son hôte. Elle ne possède aucune racine capable d'absorber l'eau ou les éléments nutritifs du sol. Ses écailles creusées capturent l'humidité de l'air ainsi que les débris organiques qui viennent s'y déposer, constituant ainsi sa principale source de nourriture.
Elle préfère un environnement humide et lumineux, mais elle est capable de survivre aux périodes de sécheresse en entrant en dormance. Un feuillage grisé signale généralement que la plante subit un stress hydrique ou environnemental, tandis qu'un feuillage plus vert témoigne d'une bonne santé.
La mousse espagnole abîme-t-elle les arbres ?
Contrairement à une idée reçue, la mousse espagnole ne prélève ni nutriments ni eau sur les arbres qui l'hébergent, et elle ne les tue pas. Un arbre en bonne santé pousse plus vite que la mousse et reste donc dominant. En revanche, un arbre malade ou endommagé croît plus lentement et porte moins de feuilles, ce qui permet à la mousse de se développer davantage et d'éventuellement ombrager le feuillage restant.
Cependant, une accumulation trop importante de mousse peut alourdir considérablement les branches et provoquer leur cassure, surtout après la pluie lorsque la plante retient beaucoup d'eau.
Usages traditionnels et actuels
Les Amérindiens tassaient la mousse humide dans leurs pirogues pour éviter que le bois ne se dessèche et ne se fissure. Ils confectionnaient également des flèches incendiaires en enveloppant la mousse séchée autour des fûts avant de l'enflammer. Les fibres internes servaient à fabriquer des tissus et des cordages.
Par la suite, la mousse espagnole séchée a été utilisée comme rembourrage pour matelas, meubles et sièges automobiles, ainsi que comme isolant dans les murs des bâtiments. Elle est encore occasionnellement employée en garniture de mobilier et comme matériau d'emballage.
Aujourd'hui, ses usages les plus courants sont décoratifs : elle entre dans la composition de bouquets floraux secs et sert de paillis paysager, apportant une touche naturelle et originale aux jardins.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007026713.html
