L'orchidée Coryanthes intrigue par son apparence insolite et sa forme inhabituelle, directement liée à son système de reproduction élaboré. Ses fleurs en forme de seau contiennent un liquide visqueux qui attire les abeilles et facilite la pollinisation. Sans ces insectes et leur travail minutieux au cœur d'une fleur aussi complexe, la fascinante coryanthes ne pourrait tout simplement pas survivre.
Une symbiose remarquable avec les fourmis
On recense une trentaine d'espèces de coryanthes, présentes au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Ces plantes sont à la fois épiphytes et myrmécophiles. Les épiphytes, parfois appelées « plantes aériennes », s'accrochent aux arbres des forêts tropicales uniquement pour trouver un support. Les plantes myrmécophiles, quant à elles, entretiennent une relation symbiotique avec les fourmis : les graines et le nectar produits par le coryanthes servent de nourriture à ces dernières, qui construisent leurs nids sur les branches situées autour des racines de la plante.
Ces nids, appelés jardins de fourmis, offrent au coryanthes un soutien supplémentaire ainsi que des nutriments provenant des débris organiques qui s'y accumulent. Ce type de nid est également surnommé « jardin-ruche », car il abrite non seulement des fourmis piqueuses, mais aussi des abeilles venimeuses, autre partenaire symbiotique de l'orchidée.
Une dépendance totale aux abeilles euglossines
Le coryanthes ne peut survivre sans les abeilles mâles euglossines, ses pollinisateurs exclusifs. Ces insectes recherchent une substance cireuse produite par la plante, qui leur sert à séduire leurs partenaires. Le problème ? Cette substance se trouve à un endroit particulièrement précaire : dans un tube, appelé mésokile, relié à l'hypochile bulbeux où l'attractif est produit. La jonction entre l'hypochile et le mésokile surplombe le seau de la fleur.
Si l'abeille tombe dans le liquide, elle doit se débattre pour trouver une sortie, car elle est incapable de voler avec les ailes mouillées. Et si aucune abeille ne chute pendant la période de pollinisation, la plante ne peut pas se reproduire. Un processus aussi périlleux pour l'insecte que pour la fleur.
Une forme dictée par la survie
Suspendue tête en bas, la coryanthes paraît maladroite. Son ouverture frontale évoque une cabane avachie reliée à un étrange point d'eau : le fameux seau, dans lequel deux tubes issus du mésokile dégouttent un liquide mucilagineux qui n'est pas du nectar.
Il est difficile de prélever le pollen du coryanthes, tout comme il est difficile de le polliniser. Les abeilles se pressent autour de la fleur pendant sa période de pollinisation, car c'est le moment où elle produit l'attractif sexuel qu'elles convoitent. En rivalisant pour obtenir cette substance cireuse, une abeille glisse parfois dans le bassin situé en dessous. Pour survivre, elle doit alors nager jusqu'au tube de sortie situé à l'extrémité du seau.
Une pollinisation réussie, mais laborieuse
L'abeille met environ 30 minutes pour s'échapper. En grimpant et en se faufilant hors du tube étroit, son dos frotte contre une paire de capsules de pollen qu'elle emporte avec elle. Si elle visite ensuite un autre coryanthes et y tombe à nouveau, elle pourra féconder cette nouvelle plante.
Le pollen récolté sur la première fleur reste accroché à son dos malgré cette seconde baignade, et il est récupéré par la nouvelle plante lorsque l'abeille traverse encore un tunnel de sortie, son précieux attractif sexuel toujours agrippé à elle.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/orchids/1007109916.html
