Une seule algue microscopique passe facilement inaperçue et semble parfaitement inoffensive. Mais lorsqu'une augmentation rapide de la population d'algues — une efflorescence algale — vient recouvrir la surface des lacs et des étangs, il y a lieu de s'inquiéter. Ces proliférations nuisent à la faune aquatique, perturbent l'écosystème et menacent les réserves d'eau locales, aussi bien en eau douce qu'en milieu marin. Si plusieurs facteurs peuvent stimuler la croissance rapide d'une espèce d'algue, une cause fréquente — et surtout maîtrisable — réside dans les méthodes d'irrigation inappropriées employées en agriculture.
Comprendre les algues
Le phytoplancton, communément appelé algues bleu-vert, est le type d'algue associé aux efflorescences. Il s'agit de végétaux simples qui fonctionnent comme les autres plantes : présents naturellement et flottant librement dans toutes les eaux — douces, salées ou saumâtres —, ils produisent leur propre nourriture grâce à la photosynthèse. Bien que ce groupe soit qualifié de « bleu-vert », ses teintes peuvent varier du jaune au rouge, en passant par l'orange et le brun, selon les espèces.
Un phénomène naturel... devenu problématique
Les algues font partie intégrante des cours d'eau, et les efflorescences algales existent donc naturellement. Dans un écosystème marin, les remontées d'eau froide transportent des nutriments vers la surface, stimulant une croissance rapide des algues dont se nourrissent ensuite des organismes plus grands. En eau douce, les zones à faible courant et peu exposées au soleil sont elles aussi propices à ces proliférations. Dans des conditions naturelles, la faune aquatique locale régule efficacement ces efflorescences. En revanche, celles provoquées par des apports artificiels transforment rapidement le milieu en environnement toxique.
Le rôle clé de l'irrigation et du phosphore
La teneur en nutriments de l'eau, et notamment la quantité de phosphore, joue un rôle déterminant dans le déclenchement des efflorescences algales. Le phosphore est l'un des nutriments essentiels à la croissance des végétaux. En agriculture, lorsque les cultures épuisent les réserves du sol, les exploitants appliquent des engrais pour compenser ces pertes. Or, si les doses sont excessives ou si le produit n'est pas correctement incorporé au sol, l'irrigation et les précipitations lessivent ces engrais et les acheminent vers les lacs et les étangs voisins, où ils alimentent une véritable explosion d'algues.
Des conséquences toxiques pour l'écosystème
Bien que l'écosystème local sache gérer une efflorescence d'origine naturelle, celle provoquée par l'afflux massif de nutriments issus de l'irrigation agricole devient rapidement toxique. En se développant, les algues appauvrissent l'eau en oxygène, causant la mort de la végétation aquatique et des poissons. Le tapis d'algues bloque également la lumière du soleil indispensable aux autres plantes subaquatiques. Enfin, certaines espèces libèrent des toxines directement létales pour la faune aquatique.
Vers des pratiques agricoles durables
La bonne nouvelle ? Ce phénomène reste largement évitable. Une gestion raisonnée de la fertilisation — dosages adaptés, incorporation des engrais au sol et choix de périodes d'application hors épisodes pluvieux — combinée à des systèmes d'irrigation efficaces limite considérablement le ruissellement des nutriments vers les milieux aquatiques. Adopter ces bonnes pratiques protège à la fois les rendements agricoles et la santé des écosystèmes d'eau douce.
Source : https://jardin.98905.com/landscaping-outdoor-building/yard-maintenance/1007020334.html
