Avant l'avènement des techniques de relevage du béton, une dalle de sous-sol ou un trottoir qui s'affaissait ou présentait des irrégularités devait être entièrement brisé puis recoulé. Les techniques de relevage du béton, communément appelées mudjacking ou sandjacking selon la matière employée, permettent désormais d'éviter cette solution coûteuse consistant à tout reconstruire. Ces systèmes de levage et de stabilisation ont considérablement facilité la réparation et la remise à niveau des dalles et trottoirs en béton qui s'affaissent.
Le mudjacking : l'injection de mortier
Le mudjacking est la méthode de relevage la plus répandue, et sa mise en œuvre est relativement simple. Des trous sont percés dans la partie du béton qui s'affaisse. En général, deux ou trois trous suffisent, selon la gravité de l'affaissement. À travers ces orifices, un mélange de mortier composé de ciment Portland, de sable, de gravier et d'eau est injecté sous pression sous la dalle. Cette opération soulève progressivement la plaque de béton affaissée jusqu'à sa position d'origine.
Le sandjacking : le relevage au sable
Le sandjacking est moins fréquemment utilisé, car il nécessite généralement un accès aux deux côtés de la dalle affaissée, ce qui est rarement possible à l'intérieur d'une maison. En revanche, pour des travaux tels que la remise à niveau de trottoirs irréguliers, il devient l'option de choix. Cette méthode ne requiert aucun perçage dans le béton : des étais sont d'abord enfoncés dans le sol d'un côté de la dalle, puis celle-ci est soulevée à l'aide d'un cric. Du sable et du gravier sont ensuite projetés sous haute pression à l'aide d'un tuyau, directement sous la dalle. L'opération est répétée de l'autre côté jusqu'à ce que la surface soit parfaitement plane.
Le relevage par mousse polyuréthane
Dans certains cas, l'artisan utilise une mousse expansible très résistante à base de polyuréthane. Cette mousse fait bien plus que simplement pousser la dalle vers le haut. Dans un premier temps, elle pénètre profondément dans le sol et comble tous les vides présents en dessous, aussi petits soient-ils, offrant ainsi un soutien supplémentaire à la structure. Elle se dilate ensuite une fois injectée, repoussant la dalle jusqu'à sa position horizontale. Cette technique permet de gagner du temps et de l'argent, car une quantité moindre de matériau suffit pour obtenir le même résultat de levage. La mousse finit par durcir jusqu'à atteindre une consistance comparable à celle du mortier, assurant un soutien durable à la dalle.
Sandjacking ou mudjacking : quelle méthode privilégier ?
Le sandjacking présente souvent des avantages supérieurs. Le sable est en effet injecté à sec sous la dalle, ce qui élimine tout risque d'évaporation ultérieure. De plus, il est projeté de manière uniforme, tandis que le mortier pompé a tendance à rester concentré en un seul point, créant un effet « pyramide ». Le sable est également plus facile à manipuler et ne se tasse pas avec le temps. La mousse de mudjacking, quant à elle, résout certains de ces problèmes, car elle stabilise la structure en plus de la soulever. Toutefois, comme le sandjacking n'est généralement possible que lorsque les côtés de la dalle sont accessibles, son usage reste limité à des cas particuliers.
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