En architecture américaine, le toit brisé — connu sous le nom anglais de gambrel roof — remonte à l'époque coloniale, lorsque les colons néerlandais construisaient des maisons à toit brisé sur les rives du fleuve Hudson. Ce type de toiture apparaît également sur les maisons coloniales du XVIIe siècle dans le Massachusetts. La fin de la période victorienne a vu renaître l'intérêt pour l'architecture coloniale, y compris pour les toits brisés. Les architectes victoriens en ont repris la structure tout en y ajoutant leurs propres décorations et ornements.
Une source d'inspiration dans les tendances architecturales
Dès le XVIIe siècle, les colons américains ont commencé à construire des habitations dotées d'un toit brisé. Le style était toutefois passé de mode au début de la période victorienne. Dans les années 1850, des architectes tels que Calvert Vaux entreprirent de le moderniser et de l'actualiser. Le mouvement de renouveau colonial rendit ensuite le toit brisé populaire à nouveau dans les années 1870 : les architectes adaptèrent alors ce modèle simple en y ajoutant des touches ornementales typiques de l'esthétique victorienne.
Apparence
C'est le niveau accru de détails qui distingue les toits brisés victoriens de leurs prédécesseurs coloniaux. Les maisons victoriennes à toit brisé enrichissaient la charpente simple des modèles coloniaux avec des éléments élaborés : fenêtres cintrées ou arrondies, consoles de soutien sculptées et espaces en avancée type bow-window. Des tourelles d'inspiration gothique pouvaient également couronner la toiture, tandis que les bords du toit étaient parfois ornés de rives découpées aux motifs complexes, les fameux bargeboards.
Structure
Les toits brisés de la période victorienne sont structurellement difficiles à reproduire avec les bois de construction modernes aux dimensions standardisées. En effet, le grand volume ouvert sous la toiture contraint les solives de plancher et les chevrons inférieurs à supporter la majeure partie de la charge structurelle. Les architectes victoriens utilisaient donc des pièces de bois massif plus importantes pour absorber cette charge. La liaison des chevrons et des solives par un muret intermédiaire (knee wall) renforçait la toiture, mais exigeait en contrepartie un soutien supplémentaire du plancher situé en dessous.
Avantages
Le toit brisé descend depuis le comble jusqu'à la sablière du mur du premier étage. Cette longue pente offrait aux architectes victoriens un espace supplémentaire pour installer des fenêtres ainsi que les détails décoratifs à la mode de l'époque. Les concepteurs contemporains apprécient quant à eux que ce style procure un deuxième étage spacieux, tout en ménageant un espace pour le passage des gaines techniques près du faîtage du toit.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/home-design/1007010006.html
