La pâte à bois TCF (Totally Chlorine Free, soit « totalement exempte de chlore ») sert à fabriquer du papier sans recourir au chlore comme agent de blanchiment. Le chlore pollue en effet l'environnement en libérant des dioxines et d'autres composés cancérigènes. Le défibrage et le blanchiment sont deux étapes étroitement liées dans la fabrication des produits papetiers.
Le défibrage du bois
Environ un quart de la masse du bois sec est composé de lignine, un composé chimique qui donne au bois sa rigidité. Cette substance doit être éliminée pour obtenir une pâte apte à la fabrication du papier. Le procédé kraft, le plus répandu, utilise des composés soufrés pour retirer la lignine. Le terme « kraft » signifie « fort » en allemand : il produit un papier résistant, adapté aux magazines, aux papiers graphiques et aux sacs d'épicerie. Le broyage mécanique ou le chauffage, quant à eux, transforment les arbres en une pâte plus fragile, couramment utilisée pour les journaux. La pâte est ensuite blanchie pour lui donner une couleur blanche et éclatante.
Le blanchiment
La pâte à bois a d'abord été blanchie avec de l'hypochlorite de sodium, mieux connu sous le nom d'eau de Javel. Dans les années 1930, le chlore gazeux a remplacé l'hypochlorite de sodium. Face aux préoccupations environnementales liées aux dioxines toxiques, les papeteries ont commencé à utiliser du dioxyde de chlore à la place du chlore gazeux, donnant naissance à la pâte ECF (Elemental Chlorine Free, « exempte de chlore élémentaire »). L'utilisation du dioxyde de chlore comme agent de blanchiment réduit les émissions de dioxines, sans toutefois les éliminer. Le procédé TCF, moins efficace, fait appel à l'ozone, à l'oxygène et au peroxyde d'hydrogène comme agents blanchissants. En 2011, la pâte ECF représentait plus de 80 % de la production mondiale de pâte de bois blanchie. En 2009, une papeterie d'Eureka, en Californie, qui fabriquait du papier hygiénique sans chlore, a fermé ses portes : c'était la dernière usine TCF aux États-Unis.
Les caractéristiques du TCF
Bien que la production de pâte TCF n'introduise pas de dioxines dans l'environnement, le papier qu'elle produit est généralement moins blanc et moins éclatant que celui issu de la pâte ECF. Le procédé TCF consomme par ailleurs davantage de bois que le procédé ECF pour produire la même quantité de pâte. De plus, comme il nécessite plus de chaleur, la pâte TCF donne un papier moins résistant que la pâte ECF.
Les AOX : un indicateur de pollution
Les composés organohalogénés adsorbables (AOX, pour Adsorbable Organic Halides) sont des éléments hautement réactifs appelés halogènes, qui comprennent le brome, le chlore, le fluor et l'iode. Ces éléments se lient aux substances organiques et contaminent ainsi la chaîne alimentaire et l'environnement. Le chlore, l'halogène le plus répandu dans les papeteries, est détecté grâce à un test AOX qui mesure le chlore fixé sur des particules de carbone dans un filtre. La Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants établit des normes et surveille à l'échelle internationale les rejets de dioxines. Les organisations environnementales continuent d'exercer des pressions sur les fabricants de papier pour qu'ils abandonnent la production de pâte ECF au profit du procédé TCF.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/decorating-materials-supplies/1007059194.html
