Il y a moins d'un siècle, il était encore possible de construire une maison quasiment sans aucun contrôle. Cette liberté totale a engendré des aménagements parfois dangereux, comme des escaliers si raides que leur montée devenait inconfortable — les constructeurs cherchant avant tout à économiser l'espace au sol et les matériaux. Un escalier étroit et pentu n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'absence de normes minimales de sécurité, responsable de conditions de vie médiocres, d'accidents et même de décès.
En 1927, le premier code du bâtiment régional standardisé a vu le jour aux États-Unis. Aujourd'hui, il n'existe toujours pas de code national unique : les réglementations varient légèrement selon les États et les municipalités, qui adaptent les règles à leurs besoins. Tous ces codes abordent néanmoins la question des escaliers, et particulièrement la hauteur des marches, dans le but de rendre aussi sûre que possible une zone intrinsèquement risquée.
Définir la hauteur de marche
Dans le domaine de la construction d'escaliers, le terme « hauteur » est ambigu : il désigne en réalité deux mesures distinctes. La première est la hauteur totale, c'est-à-dire la distance verticale franchie par l'escalier entre le sol de départ et le niveau d'arrivée. La seconde est la hauteur de chaque marche, soit la distance que le pied doit parcourir de la surface d'une marche à celle de la suivante. Pour employer ce terme correctement, vous devez donc préciser de laquelle il s'agit : la hauteur de l'escalier ou la hauteur de marche.
Hauteur de marche : minimum et maximum
S'agissant de vos escaliers, la mesure la plus importante est la hauteur de marche. Les codes du bâtiment locaux — qui peuvent varier légèrement — exigent d'abord que la hauteur de chaque marche se situe dans une fourchette minimale et maximale, ensuite qu'elle ne varie pas sensiblement d'une marche à l'autre. La plupart des règlements locaux plafonnent cette hauteur à 19,7 cm (7 3/4 pouces), voire 21 cm (8 1/4 pouces), et imposent un minimum de 15,2 cm (6 pouces). Par ailleurs, l'écart entre la marche la plus haute et la plus basse ne peut excéder 0,95 cm (3/8 de pouce), afin de garantir des marches parfaitement régulières.
Réglementation concernant les volées d'escalier
Les codes du bâtiment encadrent également la hauteur globale de l'escalier. Bien entendu, impossible de limiter la hauteur d'une volée : il faut autant de marches qu'il en faut pour relier le rez-de-chaussée à l'étage. Ce que la réglementation exige, en revanche, c'est qu'une volée unique ne dépasse pas, dans la plupart des cas, 3,65 m (12 pieds) sans être interrompue par un palier — une zone plus profonde où l'on se retrouve entre deux séries de marches — avant d'entamer une nouvelle volée.
Comment calculer la hauteur de marche ?
Le mathématicien grec Pythagore était sur une piste prometteuse avec son théorème selon lequel le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Les bâtisseurs de l'époque de Jules César utilisaient déjà cette formule pour construire des escaliers, et la pratique perdure encore aujourd'hui. Le menuisier détermine d'abord la hauteur totale, puis la divise par la hauteur de marche souhaitée, généralement 19,7 cm (7 3/4 pouces). Le résultat donne le nombre total de marches nécessaires. En divisant ensuite la hauteur totale par ce nombre de marches, on obtient la hauteur exacte de chacune d'elles.
De la théorie à la pratique : giron, reculement et limon
Le giron — la profondeur de la marche, de l'avant vers l'arrière — doit être proportionnel à sa hauteur. Les constructeurs appliquent généralement la règle empirique selon laquelle deux hauteurs de marche plus un giron équivalent à environ 63,5 cm (25 pouces). À noter : en France et dans une grande partie de l'Europe, on utilise couramment la formule de Blondel, selon laquelle 2 × hauteur de marche + giron doit être compris entre 60 et 64 cm pour garantir un escalier confortable et sécurisé.
Le code du bâtiment est plus précis : il exige généralement un giron minimal de 23 à 25,4 cm (9 à 10 pouces). Une fois la hauteur calculée, déterminez le giron qui lui correspond. Multipliez ensuite le nombre de marches par le giron pour obtenir le reculement total, c'est-à-dire la distance horizontale parcourue par l'escalier. Enfin, place au théorème de Pythagore : élevez la hauteur totale au carré, ajoutez-y le carré du reculement total, prenez la racine carrée du résultat et convertissez-la en unités de longueur pour obtenir la longueur du limon, la pièce maîtresse qui supporte les marches. Il ne reste plus qu'à réaliser la découpe de votre escalier. Vérifiez toutefois au préalable le code du bâtiment applicable dans votre localité afin de vous assurer que vos mesures sont pleinement conformes.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/walkways/1007030830.html
