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Les inconvénients du chèvrefeuille : une plante ornementale devenu envahissante

Malgré leur parfum délicieux, de nombreuses espèces de chèvrefeuille (Lonicera spp.) sont des plantes exotiques envahissantes qui privent les végétaux indigènes d'espace, d'humidité, de lumière et de nutriments. Elles forment des fourrés denses dans les forêts et les prairies, étouffant toute vie végétale autour d'elles. Comme si cette agressivité ne suffisait pas, le Service forestier des États-Unis souligne que les chèvrefeuilles exotiques libèrent également des toxines qui inhibent la croissance des plantes voisines. Autre inconvénient majeur : la difficulté de distinguer les espèces indigènes des espèces exotiques.

Les espèces exotiques envahissantes

La plupart des chèvrefeuilles exotiques envahissants sont des espèces arbustives, alors que de nombreuses espèces indigènes du genre Lonicera sont des plantes grimpantes. Les espèces arbustives eurasiatiques identifiées comme agressives par le Service forestier sont le chèvrefeuille de Tartarie (L. tatarica), le chèvrefeuille de Morrow (L. morrowii), le chèvrefeuille hybride de Bella (L. × bella) et le chèvrefeuille de l'Amour (L. maackii).

Le Service forestier précise également que de nombreux autres chèvrefeuilles arbustifs exotiques se sont échappés des jardins pour coloniser le milieu naturel, notamment le chèvrefeuille d'hiver odorant (L. fragrantissima), le chèvrefeuille de Standish (L. standishii) et le chèvrefeuille à balais européen (L. xylosteum). Le chèvrefeuille se propage non seulement par la culture, mais aussi grâce aux oiseaux qui mangent ses baies et dispersent les graines dans leurs excréments. Le chèvrefeuille du Japon (L. japonica), quant à lui, est une espèce grimpante particulièrement invasive.

Les espèces indigènes : une alternative à privilégier

Le chèvrefeuille trompette (L. sempervirens), aux fleurs rouge vif retombantes, est une plante indigène que l'Arboretum national des États-Unis recommande en remplacement du chèvrefeuille du Japon. L'Arboretum qualifie d'ailleurs les plantes envahissantes de « voyous du paysage » qui étouffent les végétaux indigènes environnants. Cette agressivité s'explique simplement : les ravageurs et les maladies qui régulent naturellement ces plantes dans leur région d'origine sont absents de leurs terres d'adoption.

Parmi les espèces arbustives indigènes capables de remplacer les variétés exotiques figurent le chèvrefeuille involucré (L. involucrata), le chèvrefeuille du Canada (L. canadensis), le chèvrefeuille des marais (L. oblongifolia), le chèvrefeuille velu des montagnes (L. villosa), ainsi qu'un proche parent, le dièreville chèvrefeuille (Diervilla lonicera).

Côté grimpantes indigènes, outre le chèvrefeuille trompette, on peut citer le chèvrefeuille reticulé (L. reticulata), le chèvrefeuille jaune (L. flava), le chèvrefeuille hirsute (L. hirsuta) et le chèvrefeuille flexible (L. dioica).

Astuce d'identification : la moelle des tiges des chèvrefeuilles indigènes est pleine et blanche, tandis que celle de la plupart des chèvrefeuilles envahissants est creuse. Les espèces indigènes sont également plus courtes et moins ramifiées.

Allélopathie : quand le chèvrefeuille empoisonne ses voisins

Dans une étude publiée en 2004 dans la revue Weed Science, des chercheurs de l'Université de l'Arkansas ont analysé la manière dont le chèvrefeuille du Japon interfère chimiquement avec certaines variétés de pins. Intitulée « Evidence for Allelopathic Interference of Japanese Honeysuckle (Lonicera japonica) to Loblolly and Shortleaf Pine Regeneration », cette recherche a révélé que le chèvrefeuille produit cinq substances chimiques potentiellement toxiques — autrement dit allélopathiques — pour les pins.

Les scientifiques ont constaté que le chèvrefeuille du Japon limite la croissance en hauteur des pins et provoque une chlorose de leurs aiguilles, c'est-à-dire un jaunissement traduisant une baisse de la production de chlorophylle. Ce phénomène affaiblit progressivement les jeunes arbres et compromet la régénération naturelle des forêts.

Méthodes de contrôle et d'élimination

Dans les jardins paysagers, les chèvrefeuilles envahissants peuvent être maîtrisés en coupant les plants au ras du sol, puis en appliquant un herbicide contenant du glyphosate ou du triclopyr, mélangé à une huile pénétrante non toxique pour l'écorce, selon les recommandations du Service forestier des États-Unis.

Bonne nouvelle : les chèvrefeuilles envahissants possèdent des racines superficielles, ce qui permet de les arracher à la main à l'aide d'un outil de désherbage adapté. Une autre méthode manuelle originale, baptisée « Tug-A-Suckle » (littéralement « tire-chèvrefeuille »), consiste à boucler une corde autour de la base du plant et à tirer à plusieurs jusqu'à l'arrachage complet de la souche.

En résumé

Son parfum séduisant ne doit pas faire oublier les dangers du chèvrefeuille exotique : concurrence féroce envers la flore locale, toxicité chimique envers les arbres voisins et propagation rapide par les oiseaux. Avant de planter un chèvrefeuille, vérifiez qu'il s'agit bien d'une espèce indigène comme le chèvrefeuille trompette, afin de préserver la biodiversité de votre jardin et de votre région.


Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/shrubs/1007112774.html
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