Juteuses, sucrées et relativement faciles à cultiver, les fraises (Fragaria ananassa) sont l'une des plantes les plus appréciées des jardins amateurs. Elles peuvent être cultivées en pots, en plates-bandes surélevées ou directement en pleine terre, à condition de bénéficier d'un sol bien drainé et d'une exposition plein soleil. Si les fraises n'aiment pas les conditions très chaudes, elles sont aussi sensibles aux gelées tardives du printemps — c'est d'ailleurs ce qui rend une variété résistante au gel si attrayante. Cependant, quelques inconvénients subsistent.
Certaines aiment le froid
Les fraisiers sont rustiques dans les zones de rusticité 5 à 8 du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA). Ils préfèrent les climats frais aux climats chauds, bien qu'ils puissent être cultivés comme des annuelles dans les régions plus tempérées. Ce n'est pas que les fraises soient incapables de tolérer le gel lorsqu'elles sont en dormance : le véritable problème, ce sont les gelées tardives du printemps qui endommagent les fleurs, réduisant voire anéantissant la production de fruits. Certains jardiniers amateurs tentent de contourner ce problème en cultivant exclusivement des variétés à fructification tardive. Une autre solution consiste à protéger les plants contre ces gelées imprévues.
Se protéger contre le gel
Jardiniers amateurs et producteurs professionnels déploient des efforts considérables pour préserver leurs fraises des gelées printanières tardives. Parmi les méthodes les plus répandues figure le paillage épais, appliqué sur les plants puis retiré progressivement au printemps, à mesure que la végétation redémarre. Les voiles de forçage flottants constituent également une protection efficace, surtout lorsqu'ils sont combinés à une irrigation par aspersion. Pour tous ceux qui se lassent de ces protections répétées, une variété véritablement résistante au gel serait une véritable bénédiction. Or, aucune plante de ce type n'est actuellement disponible dans le commerce. Néanmoins, les scientifiques travaillent activement à sa mise au point selon deux approches : la modification génétique et la sélection classique.
Les modifications génétiques
Le moyen le plus rapide d'obtenir une fraise réellement résistante au gel passe par la modification génétique. Cette prouesse a déjà été réalisée avec succès en injectant dans une fraise un gène issu d'un poisson d'eau froide, selon le Better Health Channel, un service du gouvernement de l'État de Victoria, en Australie. Toutefois, ces fraises modifiées n'étaient toujours pas commercialisées en 2013, et même si elles l'avaient été, les consommateurs auraient pu rester méfiants à l'idée de les cultiver. En effet, de nombreuses incertitudes persistent autour des aliments génétiquement modifiés : risque d'apparition de nouveaux allergènes, problèmes de contamination croisée avec des cultures conventionnelles, sans oublier les possibles effets à long terme sur la santé liés à la consommation d'aliments intégrant des gènes d'une espèce totalement étrangère.
La sélection classique
La sélection classique reste la méthode privilégiée pour créer la plupart des nouveaux cultivars végétaux. Elle exige toutefois plusieurs années de croisements, de tests et d'évaluations avant qu'une nouvelle variété de fraise ne voie le jour. En Norvège, dès 2011, des chercheurs ont commencé à utiliser des marqueurs génétiques afin d'identifier les variétés susceptibles d'être véritablement résistantes au gel. L'objectif : éliminer, ou du moins réduire considérablement, le nombre d'essais nécessaires avant de valider une telle résistance. Le principal inconvénient des fraises résistantes au gel obtenues par sélection demeure néanmoins le délai extrêmement long avant leur arrivée sur le marché. D'après le Conseil norvégien de la recherche, il faut compter environ dix ans pour qu'une nouvelle variété de fraise soit homologuée pour la vente et la consommation.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-berries/1007021676.html
