En écologie, il est courant d'estimer le nombre total d'organismes présents dans une zone donnée en disposant, de manière aléatoire ou systématique, une série de placettes d'échantillonnage, puis en comptant les individus à l'intérieur de chacune. Cette méthode évite la tâche fastidieuse — voire impossible — que constituerait le dénombrement exhaustif de tout le site.
Le calcul de la densité absolue des arbustes peut servir dans de nombreux contextes : étude de l'utilisation de l'habitat par les oiseaux, suivi de l'avancée des arbustes sur une prairie dont les cycles naturels d'incendie ont été supprimés, ou bien d'autres situations encore. La procédure reste assez simple, mais elle repose sur des critères définis par le chercheur.
Étapes à suivre
1. Choisissez les dimensions et la forme de votre placette
Ce choix dépend en partie de la forme des arbustes que vous inventoriez : un arbuste de grande taille sera mieux recensé dans une placette plus vaste. Dans son ouvrage Measurements for Terrestrial Vegetation (1989), Charles D. Bonham propose une surface type d'environ 5 m² (53 pieds carrés) pour les relevés d'arbustes. En règle générale, optez pour une placette plus grande que la taille moyenne des arbustes et, dans les formations denses ou les boisements, plus grande que la distance moyenne entre les individus. Les formes les plus courantes sont le carré, le rectangle et le cercle : réfléchissez à celle qui reflète le mieux la diversité paysagère de votre zone d'étude.
2. Définissez les critères de comptage
Les arbustes sont parfois difficiles à délimiter, ce qui influencera forcément votre relevé. Beaucoup sont multi-tiges : vous pouvez donc décider de considérer une touffe entière comme un individu unique. Ils forment aussi parfois des fourrés emmêlés où il est malaisé de distinguer une plante isolée. Établissez une règle pour les sujets situés en bordure de placette : par exemple, comptez un individu comme appartenant à la placette si la moitié ou plus de son tronc ou de sa couronne se trouve à l'intérieur de ses limites.
3. Distinguez les arbustes des arbres
Appuyez-vous sur un critère standard — le vôtre ou un critère reconnu — pour séparer arbustes et arbres. De nombreuses espèces occupent une zone intermédiaire : les aubépines, par exemple, poussent souvent en arbustes bas et tortueux, mais dans de bonnes conditions certains sujets peuvent dépasser 15 m de hauteur. Classiquement, un arbuste possède plusieurs tiges à la base, tandis qu'un arbre n'en présente qu'une seule. Selon l'objectif de votre étude, vous pouvez néanmoins simplifier et qualifier d'arbuste toute plante se situant dans une certaine gamme de dimensions.
4. Comptez les arbustes et calculez la densité
Dénombrez les arbustes à l'intérieur de chaque placette. Si vous cherchez simplement une densité globale — sans distinguer les espèces et en traitant l'ensemble des arbustes comme une guilde écologique —, divisez ce nombre par la surface de la placette pour obtenir la densité absolue :
Densité absolue = nombre d'individus ÷ surface de la placette
Si vous étudiez une espèce particulière, ne retenez que le nombre total d'individus de cette espèce. Pour affiner vos résultats, multipliez les placettes sur le site puis calculez la moyenne des densités obtenues : vous obtiendrez ainsi une estimation plus fiable de la densité absolue.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/shrubs/1007112577.html
