La malnutrition en micronutriments constitue un défi majeur dans les pays émergents. Les carences en zinc, en fer et en vitamine A touchent environ 3,5 milliards de personnes à travers le monde. Le groupe le plus vulnérable aux carences en fer est celui des femmes en âge de procréer. Face à ce constat alarmant, les programmes visant à sélectionner des variétés de riz capables d'enrichir les régimes alimentaires pauvres en fer, en bêta-carotène et en autres minéraux essentiels enregistrent des résultats de plus en plus encourageants.
Le riz, aliment de base de l'humanité
Le riz est la culture dont dépend la moitié de la population mondiale. Cultivé et récolté selon des méthodes transmises depuis des millénaires, il demeure la pierre angulaire de la sécurité alimentaire de nombreux pays.
Paradoxalement, le riz freine l'absorption du fer. En effet, il contient des phytates, des composés qui chélatent ce minéral et limitent son assimilation par l'organisme. Concrètement, même dans le cadre d'un régime par ailleurs riche en fer, le riz empêche le corps d'utiliser la majeure partie de cet apport. Or, dans les pays en développement, le riz est un aliment de base incontournable : en Asie du Sud-Est, il représente entre 50 et 90 % de l'alimentation quotidienne, avec une consommation dépassant près d'un kilogramme de riz par jour et par personne.
La biofortification : une solution prometteuse
Depuis plusieurs années, diverses organisations travaillent à augmenter la teneur en fer du riz étuvé, avec des améliorations notables du statut nutritionnel des consommateurs. Cependant, la sélection de variétés naturellement plus riches en fer s'avère bien plus pratique et économique à grande échelle.
Un riz sélectionné pour sa teneur élevée en fer peut être semé, cultivé et récolté directement par les agriculteurs locaux, sans dépendre d'usines de fortification industrielle. Et le fer n'est pas la seule cible : les chercheurs travaillent également à accroître les niveaux de bêta-carotène et d'autres vitamines essentielles. Cette approche, appelée biofortification, permettrait aux populations des pays en développement de prendre en charge elles-mêmes leurs besoins nutritionnels. Étudiée depuis 1995, cette méthode a déjà démontré que la teneur en fer du riz peut être augmentée jusqu'à 50 %.
Des effets mesurables sur la santé
Sélectionner un riz capable d'apporter naturellement du fer à l'alimentation des femmes et des enfants des pays en développement constitue une alternative peu coûteuse aux compléments alimentaires et à la fortification mécanique. Les études scientifiques confirment déjà son efficacité : une recherche menée aux Philippines sur une période de neuf mois a révélé une amélioration significative du taux de fer sanguin chez les participants, prouvant ainsi que l'organisme absorbe bel et bien le fer supplémentaire contenu dans le riz biofortifié.
Sélection classique ou modification génétique ?
Contrairement aux organismes génétiquement modifiés, le riz biofortifié est obtenu par sélection variétale classique, sans intervention génétique en laboratoire. Ce processus demande plus de temps, mais il produit des semences nettement moins coûteuses, que les agriculteurs peuvent conserver et ressemer année après année. À l'inverse, les semences génétiquement modifiées ou hybrides doivent être rachetées chaque saison, ce qui renchérit considérablement le coût final du riz enrichi en fer.
La sélection classique repose sur l'identification, parmi les plus de 40 000 variétés de riz connues, de celles présentant les teneurs les plus élevées en fer et en autres nutriments, suivie de croisements successifs visant à amplifier progressivement ces caractéristiques. Résultat remarquable : le surcoût total des semences pourrait être aussi faible qu'un centime par personne et par an — un investissement dérisoire au regard des bénéfices sanitaires immenses qu'il promet pour des milliards d'êtres humains.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-edibles/1007104999.html
