Un tablier de pont en béton, lorsqu'il reste lisse et dépourvu de rainures, peut constituer un danger réel pour les automobilistes qui le traversent par temps froid ou humide. Si l'eau stagne sur la surface cimentée du pont, un véhicule risque de glisser de manière incontrôlable sur une fine pellicule d'humidité — phénomène connu sous le nom d'aquaplaning — ou de déraper sur une plaque de verglas formée lors d'une vague de froid. Le rainurage permet d'évacuer efficacement l'eau du tablier et de réduire ainsi sensiblement le nombre d'accidents de la route.
Le processus de rainurage
Les sculptures des pneumatiques et les tabliers rainurés agissent de concert pour évacuer les précipitations et garantir une adhérence optimale des véhicules.
Une machine de rainurage se déplace transversalement sur la surface en béton du pont et utilise des lames de scie à pointes diamantées, montées sur un arbre horizontal, pour creuser des rainures dans le ciment. La machine est équipée d'un puissant système d'aspiration qui recueille la poussière de béton et les débris dans une cuve de rétention en vue de leur évacuation ultérieure. De l'eau de refroidissement, pompée depuis une citerne, est pulvérisée sur le béton afin de protéger les lames contre la chaleur générée par la friction. Les rainures ainsi réalisées assurent à la fois le drainage et le déplacement latéral de l'eau.
Normes imposées par les départements des transports
Les ministères des transports (DOT) des différents États américains et les autorités provinciales canadiennes exigent que les rainures présentent une profondeur comprise entre 1/8 et 1/16 de pouce (soit environ 3 à 1,6 mm) et une largeur de 1/8 de pouce (environ 3 mm). L'espacement varie selon les régions, mais les rainures sont généralement creusées à une distance minimale de 3/4 de pouce (environ 19 mm) entre le centre de deux rainures consécutives. Un rainurage effectué perpendiculairement à l'axe central de la chaussée offre une traction et un drainage optimaux.
Avantages supplémentaires
Un tablier de pont neuf ou reconstruit correctement rainuré permet l'application immédiate des produits chimiques utilisés pour la cure du ciment posé sur la surface de la chaussée. Cette possibilité représente un gain de temps et d'argent considérable pour les ministères des transports aux budgets limités, qui doivent entretenir ou remplacer des ponts vétustes et d'autres infrastructures routières dans un contexte de hausse continue des coûts de main-d'œuvre et de matériaux.
Rainurage ou striage : quelle méthode privilégier ?
Les ingénieurs concepteurs de ponts cherchent à limiter la formation de flaques d'eau sur la surface du tablier en texturant le béton grâce à un procédé appelé « striage » (tining). Un râteau métallique, tiré manuellement dans le ciment encore frais, produit une surface texturée offrant une forte adhérence. Malheureusement, ce procédé ne garantit ni l'uniformité des rainures obtenues, ni la régularité de leur profondeur. Le béton frais modifié au latex est trop fluide pour être strié correctement, tandis que le ciment non traité sèche souvent trop rapidement pour permettre cette opération. Le rainurage mécanique du béton durci s'avère donc nettement plus fiable.
Source : https://jardin.98905.com/landscaping-outdoor-building/paving/1007019711.html
