Au XVIIIe siècle, l'Angleterre prisait les jardins paysagers pittoresques, aux allures « sauvages », mettant en valeur la beauté naturelle du paysage. À l'opposé, la période victorienne — qui s'étend approximativement de 1840 à 1900 — voit les concepteurs de jardins élaborer des compositions florales sophistiquées : des massifs géométriques foisonnant de végétaux aux textures de feuillage et aux couleurs contrastées. Les plantations en masse, mêlant annuelles, vivaces et arbustes, célèbrent la richesse des espèces découvertes à travers le monde durant cette époque de colonisation et d'exploration botanique.
Les arbustes ligneux
Le jardin victorien accueille des arbustes au feuillage exotique ou aux fleurs généreuses et spectaculaires. Le rosier en constitue l'élément central et incontournable, notamment les variétés au port légèrement étalé et naturel, proches des rosiers paysagers modernes. Une floraison abondante sur un mélange de rosiers forme ainsi un véritable bouquet floral champêtre. Camélias, hortensias, forsythias, buddleias, magnolias, seringats, lilas, spirées et viornes contribuent tous à l'exubérance caractéristique du jardin victorien. Quant aux rhododendrons et aux azalées, ils occupent le devant de la scène et méritent une place de choix : les Victoriens affectionnaient particulièrement leurs teintes vives et juxtaposées.
Les vivaces rustiques
Un jardin victorien n'a pas besoin de rester strictement géométrique dans la forme et la taille de ses massifs, ni de se limiter à quelques espèces florales. Intercalez des fleurs vivaces parmi les arbustes pour mettre en valeur le feuillage et les floraisons saisonnières. À l'époque victorienne, les fleurs à couper destinées à orner la maison étaient particulièrement prisées. Pivoines, iris barbus, delphiniums, roses trémières, pavots d'Orient, lis, cœurs de Marie, agapanthes et œillets sont devenus des incontournables des massifs mixtes et des bordures, dans le jardin comme aux abords de la propriété. Facile à semer, la rose trémière s'élève notamment en une plante imposante et majestueuse.
Les bulbes
Les bulbes à floraison printanière constituent un moyen fiable d'apporter de la couleur au jardin victorien tout en fournissant des fleurs à couper pour composer des bouquets. Tulipes, jacinthes, perce-neige et narcisses garnissaient aussi bien les massifs formels que les pelouses ou les sols nus sous les grands arbres, en lisière de bois ou dans les bosquets isolés. Les plantations massives de tulipes permettaient en outre de dessiner des motifs géométriques éclatants.
Les plantes grimpantes
Les rosiers grimpants s'intègrent parfaitement à tout jardin victorien, notamment sur les treillages situés à l'arrière des massifs floraux. Les clématites aux couleurs éclatantes représentent également un excellent choix pour les jardins de cette époque : deux variétés différentes peuvent même contraster harmonieusement leurs fleurs. Pour un parfum intense, optez pour le chèvrefeuille, qui offre ses fleurs du printemps à l'été. Si le climat le permet, un jasmin d'hiver à floraison hivernale constituerait un ajout idéal au paysage victorien.
Les fleurs annuelles
Les annuelles assurent une floraison fiable du printemps à l'automne dans le jardin victorien, en particulier dans les parterres et les vastes massifs où les végétaux dessinent des motifs ornés. Pensées et violettes sont indispensables à toute composition, tout comme les verveines et les amarantes queue-de-renard. Gueules-de-loup, géraniums d'Afrique du Sud, sauges, lobélias et pétunias se cultivent avec netteté dans les limites d'un motif prédéfini, au sein de massifs tapissants bas.
Source : https://jardin.98905.com/landscaping-outdoor-building/flower-beds-specialty-gardens/1007090232.html
