Peu de sons sont aussi nets et secs que le craquement du bois qui se brise. Le crépitement des bûches dans un feu de camp invite à un silence apaisé et méditatif, tandis que la déchirure soudaine d'un tronc par un animal en fuite peut focaliser l'esprit et faire bondir le cœur. Si le bois possède une certaine élasticité, sa rigidité globale explique ce claquement caractéristique dès qu'une force y exerce une pression.
Dans le feu : le rôle de l'humidité
Le bois de chauffage crépite principalement à cause de sa teneur en humidité. Une grande partie du poids d'un arbre vivant provient des liquides contenus dans ses tissus et ses cellules, notamment la sève et la résine qui transportent les nutriments à travers la plante. Soumis à la chaleur d'un feu, l'humidité restante dans le bois se vaporise. Les vapeurs emprisonnées exercent alors une pression suffisante pour provoquer de véritables micro-explosions. Les bûches particulièrement gorgées d'eau peuvent projeter des braises et se consumer de façon irrégulière durant cette transformation du liquide en gaz.
Le séchage du bois de chauffage
Comme le bois humide brûle mal, le bois fraîchement coupé doit être séché pendant une certaine période avant utilisation. La teneur en humidité dépend en partie de l'espèce de l'arbre et de son environnement spécifique ; la durée de séchage varie donc d'un bois à l'autre. Comptez généralement au moins six mois, voire un an, pour obtenir un bois de chauffage correctement sec. Ce processus n'élimine toutefois pas toute l'humidité des bûches : quelques craquements dans les flammes resteront donc inévitables.
La rupture du bois : des fibres sous tension
Le craquement du bois qui se brise, qu'il soit fendu à la hache ou brisé par un gros animal, provient de la déchirure de ses fibres à base de cellulose. Ces fibres, constituées de parois cellulaires en forme de blocs, s'entrelacent les unes avec les autres selon un plan commun. Cette configuration explique la grande solidité du bois dans le sens des fibres, ainsi que sa fragilité, passé un certain seuil, face à une pression exercée perpendiculairement à leur alignement.
Dans la maison : les craquements de la charpente
De nombreux propriétaires connaissent un autre type de craquement : celui des poutres et des structures en bois qui se tassent en réponse aux variations de température au fil de la journée et des saisons. Le bois se dilate avec la chaleur ou l'humidité, et se contracte avec le froid ou la sécheresse, émettant des grincements et des claquements qui, surtout dans le silence de la nuit, peuvent évoquer des phénomènes paranormaux. Une maison récente qui s'installe dans ses fondations, ou qui réagit au tassement du sol, peut également être très bruyante : il n'est pas rare qu'elle fasse ressortir des clous des cloisons, développe des fissures dans ses murs ou, dans les cas les plus marqués, perde son aplomb.
La prochaine fois que vous entendrez le bois craquer, vous saurez que ce son, tantôt rassurant tantôt inquiétant, n'est rien d'autre que la physique en action : de l'eau qui s'échappe, des fibres qui cèdent ou un matériau qui respire au rythme des températures.
Source : https://jardin.98905.com/home-repair-maintenance/woodworking/1007015544.html
