Un toit plat ou à faible pente n'est souvent pas une surface adaptée aux bardeaux ni à la plupart des matériaux de couverture traditionnels, car l'eau et l'humidité ne peuvent pas s'en écouler correctement. Une solution éprouvée consiste à opter pour un toit multicouche, communément appelé « toit goudron et gravier ». Cette technique consiste à superposer plusieurs couches d'asphalte chaud ou de bitume, de papier goudronné et une membrane imperméabilisante, le tout recouvert d'une couche de gravier. Celui-ci remplit un double rôle : protéger les couches sous-jacentes et servir de lestable.
Structure d'un toit goudron et gravier
Un toit goudron et gravier se compose de plusieurs couches successives : le support (platelage), un pare-vapeur, un isolant thermique, une membrane d'étanchéité et enfin le gravier. La membrane d'étanchéité, ou bitume de couverture, constitue le principal élément imperméabilisant. Elle est chauffée puis appliquée sur le toit sous forme liquide. On utilise généralement soit des asphaltes dérivés du pétrole, soit du brai de goudron de houille.
Trois couches minimum sont appliquées, alternées avec des feuilles enduites d'asphalte ou du feutre afin de renforcer et stabiliser l'ensemble. Lorsque le gravier est répandu sur la dernière couche, une partie s'incruste dans le bitume encore chaud, tandis que le reste forme un revêtement protecteur pour la membrane.
Le rôle de la couche de gravier
Le gravier, ou tout autre granulat tel que le laitier de haut fourneau, apporte du poids au matériau situé en dessous. Une couverture adéquate agit comme une couche de fixation qui empêche le matériau d'étanchéité, chargé de protéger le toit contre l'humidité, d'être arraché par le vent.
Les surfaces de toits plats sont par ailleurs soumises à des rayons ultraviolets très intenses. Sans revêtement protecteur, l'asphalte sous-jacent peut atteindre des températures extrêmement élevées. Le soleil ramollit progressivement la membrane, qui finit par devenir cassante, provoquant fissures et infiltrations. Un gravier de couleur claire présente en outre l'avantage de réfléchir la chaleur, ce qui contribue à réduire les coûts de climatisation du bâtiment. Enfin, étant un matériau incombustible, le gravier offre également une certaine protection contre l'incendie.
Les avantages
Un toit goudron et gravier affiche une durée de vie de 10 à 20 ans, selon le nombre de couches posées lors de l'installation. En règle générale, un toit comportant de 3 à 5 couches de bitume et de feutre est considéré comme standard. Ce type de revêtement est moins onéreux que la plupart des autres solutions pour toits plats. Il offre en outre une bonne résistance à la conduction thermique entre l'intérieur et l'extérieur de la maison, ce qui se traduit par des économies sur le chauffage et la climatisation.
Les inconvénients
Bien que durables, les toits goudron et gravier ne peuvent généralement pas être installés par un particulier non professionnel. Ils sont également plus lourds que d'autres matériaux de couverture : les solives de la charpente peuvent nécessiter un renforcement pour supporter ce poids supplémentaire.
Ces toits peuvent développer des fuites, principalement au niveau des solins, des cheminées et des rives, qu'il est difficile de localiser ou de réparer sans retirer la couche de gravier. Le vent peut aussi disperser le gravier et exposer une partie de la membrane aux intempéries, ce qui favorise sa détérioration et l'apparition de fuites. Une réparation exige donc souvent le retrait des couches superficielles suivi d'une nouvelle application. Pour toutes ces raisons, il est déconseillé d'installer ce type de toiture dans les régions soumises à de fortes pluies ou à d'importantes chutes de neige.
Source : https://jardin.98905.com/home-repair-maintenance/roof-repairs/1007077390.html
