Les ensembles de chambre à coucher de l'époque victorienne comprenaient presque toujours une coiffeuse réservée aux dames. Ce meuble pouvait prendre la forme d'un bureau surmonté d'un miroir sculpté à trois panneaux, ou celle d'une pièce aux flancs élevés abritant un espace de toilette au centre. Certains miroirs, de forme ovale, étaient pivotants : la dame pouvait ainsi ajuster son angle de vue pour admirer la partie de sa tenue qu'elle souhaitait. Comme le style des vêtements de l'époque rendait inconfortable le fait de s'asseoir sur une chaise classique, les coiffeuses étaient généralement accompagnées de tabourets ou de bancs, et parfois de chaises basses sans accoudoirs.
Le banc
Un style très répandu de tabouret associé aux coiffeuses victoriennes ressemble à un banc de piano. L'assise est large comme celle d'une chaise conventionnelle, mais moins profonde. Souvent rectangulaire, elle présente un dessus moelleux recouvert de tissu et peut être capitonnée de boutons garnis. Les pieds reprennent le même style sculpté que la coiffeuse et arborent fréquemment des éléments galbés. La jonction entre le bois et le tissu est habituellement soulignée par un galon ou une passementerie. À noter : le tabouret ne s'insère pas forcément dans l'espace prévu sous la coiffeuse, car il était conçu pour être placé à distance du meuble.
La chaise à dossier bas
Certaines coiffeuses sont accompagnées d'un siège intermédiaire entre la chaise et le tabouret. Son dossier ne mesure parfois que quelques centimètres de haut, ce qui donne, aux yeux modernes, l'impression d'une chaise tronquée brutalement. Finition comparable à celle d'une chaise de salle à manger : rembourrage généreux, le tissu reposant sur le dessus ou enveloppant largement les côtés de l'assise. Le revêtement est souvent luxueux ou réalisé en broderie faite main. De nombreuses dames victoriennes préféraient d'ailleurs remplacer les matériaux d'origine par leurs propres ouvrages de broderie, créés spécifiquement pour s'harmoniser avec leur décoration.
Les chaises couturières
Les chaises de coiffeuse de style néo-victorien s'inspirent volontiers du modèle dit « couturier ». Il s'agit d'une petite chaise à assise arrondie et à dossier incurvé, entièrement tapissée ou recouverte d'un ou de plusieurs tissus superposés. Ce style comporte généralement une jupe masquant les pieds ainsi que plusieurs rangées de volants sous l'assise. Galons, fronces et autres détails raffinés habillent le rembourrage pour lui conférer un aspect somptueux et précieux. La chaise est souvent assortie aux rideaux et au linge de lit afin de prolonger un thème décoratif dans toute la pièce.
Rotin et métal
Sous les climats plus chauds, les femmes appréciaient tout autant les sièges en rotin qu'en métal. Les tabourets en rotin s'accordaient avec le design général du mobilier et pouvaient être peints dans des teintes légères et fraîches. Les modèles en métal, quant à eux, présentaient des volutes et des courbes qui leur donnaient une allure fantaisiste et aérienne. Ces deux styles privilégiaient des assises très généreusement rembourrées, agrémentées de petits ornements. Franges, perles, clous décoratifs et autres embellissements ornaient d'ailleurs nombre de meubles de cette époque.
Qu'il s'agisse d'un banc sobre, d'une chaise à dossier bas, d'un modèle couturier ou d'une pièce en rotin ou en métal, chaque tabouret de coiffeuse victorienne témoigne du souci de confort et de raffinement qui caractérisait les intérieurs du XIXe siècle.
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