Contrairement au sciage ou à d'autres méthodes de découpe du bois, le fendage consiste à séparer une pièce de bois en la fissurant dans le sens naturel de ses fibres, généralement en appliquant une pression émoussée sur un point précis, comme la pointe d'un coin ou le tranchant d'une hache. Cette technique servait avant tout à diviser le bois en morceaux plus faciles à manipuler, mais elle pouvait aussi être employée avec plus de précision comme l'une des étapes de la fabrication de planches ou de bardeaux.
Les coins et les tampons en bois dur
Un coin est une pièce de métal façonnée comme une tranche étroite de tarte. Pour fendre du bois, on enfonce l'extrémité pointue du coin à l'aide d'une masse. Une bûche pouvait nécessiter plusieurs coins répartis sur toute sa longueur. Afin d'éviter que la tête du coin ne s'écrase sous les coups répétés (phénomène dit « en champignon »), certains coins étaient munis d'un goujon en bois absorbant les chocs, inséré dans leur partie supérieure. Avec le temps, ce goujon se fendillait et devait être remplacé. Lorsqu'aucun forgeron n'était disponible pour forger un coin métallique, les gens taillaient eux-mêmes leurs coins dans du bois dur : ces versions artisanales étaient appelées des tampons ou « gluts ».
Les masses et maillets de fendage
Dans sa forme la plus primitive, la masse est un maillet ou un marteau en bois doté d'un long manche et d'une tête massive également en bois. Au fil du temps, on a commencé à forger les têtes en métal, percées en leur centre d'un trou oblong — appelé œil — dans lequel venait s'insérer le manche. Les têtes métalliques rendaient l'outil non seulement plus robuste, mais leur poids supplémentaire permettait aussi d'accumuler l'élan nécessaire pour enfoncer le coin dans le bois. L'invention de la masse à fendre, dotée d'une tête en forme de coin, a fini par rendre l'usage du coin séparé totalement inutile. La masse s'utilise en la levant au-dessus de l'épaule, puis en l'abattant à deux mains selon un large arc de cercle.
Les haches et les hachettes
Les haches ressemblent aux masses, mais elles sont plus légères, avec un manche plus court et une lame plus fine et plus affûtée. Elles ont été conçues pour équarrir le bois d'œuvre et, bien qu'elles puissent aussi servir à fendre le bois, la masse reste l'outil privilégié pour cette tâche. Son manche plus long autorise un mouvement d'ampleur plus grande, ce qui réduit le risque que l'outil traverse le bois et poursuive sa course jusqu'à votre pied. La hachette, quant à elle, est une hache miniature qui peut s'utiliser d'une seule main. Bien qu'elle soit moins efficace qu'une masse pour fendre le bois et moins adaptée qu'une hache pour abattre des arbres, sa petite taille et son faible poids l'ont rendue très populaire auprès des pionniers, qui devaient transporter leurs outils avec eux.
Les fendoirs (froes)
Le fendoir, ou « froe », est un outil en forme de L, composé d'une lame métallique dont une extrémité comporte une douille dans laquelle un manche en bois est inséré perpendiculairement. Les fendoirs étaient fabriqués avec des lames droites ou courbes, la version droite étant la plus courante. Bien que sa silhouette évoque une hache élancée, le manche ne servait pas à manier la lame, mais plutôt à la maintenir en position pendant que l'on frappait le dos affûté avec un gourdin ou un maillet en bois, à peu près de la même manière qu'avec un coin.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/historic-restoration/1007029484.html
