Les conventions de design évoluent avec le temps parce qu'elles font leurs preuves, que ce soit en termes de confort physique ou de sécurité. Petit à petit, elles finissent par être consignées dans les normes et les codes du bâtiment, puis appliquées non seulement parce que la convention devient loi, mais aussi parce que ces éléments semblent tout simplement justes tant nous y sommes habitués. La hauteur du manteau de cheminée et de sa tablette illustre parfaitement ce type de convention.
Fonction
Les foyers ouverts ont d'abord fait leur entrée dans les habitations pour cuire les aliments et réchauffer les occupants. Les cheminées constituaient l'un des premiers dispositifs de sécurité, inventés pour évacuer fumée et étincelles hors des âtres en pierre, dont les ouvertures hautes et larges permettaient aux cuisiniers de se pencher pour manipuler de grandes marmites et du gibier rôti. Le manteau, lui, était un élément purement décoratif, ajouté aux vastes cheminées des châteaux de pierre froids. Manteaux entièrement sculptés et simples tablettes ornent les cheminées les plus sobres depuis des centaines d'années, accueillant bibelots et objets transmis de génération en génération. Le manteau ne doit donc pas être placé trop haut pour remplir pleinement sa fonction décorative.
Normes
À noter : un âtre surélevé rehausse mécaniquement la position de la tablette du manteau.
Le National Standard Building Code (NSBC) fournit des orientations pour les codes du bâtiment étatiques et locaux, tandis que la National Fire Prevention Association (NFPA) publie un code national de prévention incendie. Les deux organismes recommandent une distance minimale de 15 cm entre tout matériau inflammable et les bords de l'ouverture du foyer. Le NSBC exige en outre que cette distance soit augmentée lorsque les flancs du manteau débordent de 3,8 cm ou plus de la façade du foyer, et qu'un dessus de manteau dépassant de plus de 3,8 cm le plan de l'ouverture soit placé au moins 30 cm au-dessus du linteau, c'est-à-dire la barre d'acier qui surmonte l'ouverture. La NFPA se montre encore plus prudente, en recommandant 2,5 cm de distance supplémentaire pour chaque tranche de 3 mm de débordement.
Ce que cela implique
Les normes nationales servent de repères aux autorités étatiques et locales, mais nombre d'entre elles adoptent la règle des 15 cm ainsi qu'une version de la distance additionnelle applicable aux débordements. Une séparation de 30 cm n'a rien d'exceptionnel. Il est donc indispensable de consulter le code du bâtiment de votre région pour connaître son interprétation exacte.
Prenons un exemple concret : selon la norme nationale, si votre cheminée présente une ouverture de 90 × 90 cm et que votre tablette dépasse de 15 cm le plan de l'ouverture du foyer, la base de votre manteau devra se trouver à au moins 120 cm du sol, sans compter l'épaisseur des pierres de l'âtre.
Facteurs à prendre en compte
Bon à savoir : les manteaux en pierre ou en métal, incombustibles, peuvent également jouer le rôle d'encadrement décoratif.
Avec une pierre d'âtre de 3,8 cm d'épaisseur et une simple tablette de 5 cm, vous pouvez installer votre manteau à environ 126 cm du sol, ce qui porte la hauteur finale de la tablette à près de 131 cm. Si vos plafonds atteignent 215 cm ou davantage, la tablette risque de paraître un peu tassée : vous pouvez alors la monter plus haut. Un encadrement décoratif en marbre ou en pierre constitue par ailleurs une solution élégante pour gagner de la distance de sécurité avec des manteaux profonds et des tablettes épaisses.
Enfin, le manteau lui-même peut ajouter de la hauteur au-dessus de la tablette : une tablette épaisse de 10 à 13 cm ou un manteau complet large de 30 cm porterait le sommet de l'ensemble entre 137 et 152 cm, soit une hauteur de contemplation confortable pour profiter pleinement de vos objets décoratifs.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/home-design/1007010016.html
