Le canapé fait son apparition dans l'univers de la décoration intérieure au XVIIe siècle. Réservé aux palais et aux demeures fastueuses, selon les moyens de leurs propriétaires, il restait alors inaccessible au plus grand nombre. Les habitants des zones urbaines comme ceux des campagnes ne disposaient pas des revenus nécessaires pour s'offrir ces premières pièces de mobilier. Lorsqu'un espace d'assise collectif s'avérait nécessaire, on se contentait simplement d'aligner des chaises côte à côte.
Certains des plus beaux canapés de l'histoire voient le jour sous les règnes des monarques Louis, tandis qu'en Grande-Bretagne, le canapé camelback de Chippendale connaît une immense popularité. Madame Récamier offre quant à elle au monde le canapé à accotoir unique. Enfin, l'imposant canapé Chesterfield constitue l'innovation la plus récente ayant su traverser l'épreuve du temps.
Duncan Phyfe
Quiconque possède un canapé Duncan Phyfe sait pertinemment qu'il s'agit bien d'une pièce authentique. M. Phyfe fut un designer et ébéniste américain de premier plan, qui se fit connaître à la fin du XVIIIe siècle aux États-Unis. Ses créations étaient immédiatement reconnaissables, et le canapé Duncan Phyfe ne fait pas exception à la règle.
Ce modèle présente un dossier en bois massif galbé sur toute sa longueur. Les accotoirs sont généralement roulés et témoignent d'un savoir-faire exceptionnel dans le travail du bois massif. Quant aux pieds, ils adoptent une forme de cyma renversée, souvent cannelés ou moulurés.
La méridienne Madame Récamier
Madame Récamier était, entre autres occupations, une mondaine française du XIXe siècle. À cette époque, la bonne société européenne et américaine exigeait que les femmes victimes d'un évanouissement soient promptement secourues. Il était en effet courant qu'une dame simule un « évanouissement » à la simple mention d'un amant éloigné ou de soucis familiaux. Dans ces circonstances, les sièges classiques se révélaient peu pratiques.
Madame Récamier conçut donc et posséda la première méridienne stylisée, ce fameux « canapé d'évanouissement ». Il s'agit d'une pièce dotée d'un seul accotoir, qui enveloppe la tête et une partie d'un côté par une courbe douce et élégante. De nombreuses copies existent aujourd'hui sur le marché.
Le camelback de Chippendale
Thomas Chippendale était un maître ébéniste britannique du XVIIIe siècle. Son atelier produisait ses créations de mobilier, et il fut rapidement considéré comme le designer attitré de la haute société. Parmi les canapés Chippendale copiés de siècle en siècle avec très peu de modifications figure le célèbre modèle camelback.
Les pièces originales présentaient un dossier dont les extrémités retombaient en volute vers les accotoirs, formant ainsi une bosse caractéristique, souvent mise en valeur par une traverse de dossier incurvée.
Le Chesterfield
Le canapé Chesterfield fut l'un des premiers modèles utilisés dans les décors palatiaux britanniques. Il est demeuré présent sur la scène du design sans aucune interruption historique. Cependant, son principal inconvénient pour l'architecture contemporaine réside dans ses dimensions généreuses.
Comparé aux autres canapés, le Chesterfield est véritablement immense : il mesure plus de 1,80 mètre de long. Il s'agit essentiellement d'une structure rectangulaire munie d'un dossier et de deux côtés. Tous les canapés Chesterfield se reconnaissent aisément grâce à leur taille imposante et au capitonnage signature qui caractérise leur design.
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