Duncan Phyfe, ébéniste d'origine écossaise, émigra aux États-Unis et s'installa à New York dès 1791, où il fonda un vaste atelier de menuiserie d'art. Les riches mécènes new-yorkais admiraient son style néoclassique, inspiré des grands modèles européens, ainsi que son talent pour marier harmonieusement le design contemporain aux influences du passé. Son esthétique, simple mais raffinée, rendait hommage à l'Antiquité gréco-romaine. Ses meubles étaient sculptés principalement dans l'acajou, un bois noble et durable.
Fait remarquable, Phyfe signait rarement ses œuvres achevées : c'était le design et la qualité irréprochable de la construction qui servaient de signature. Sa renommée fut telle que les imitateurs s'emparèrent rapidement de son style, et ses reproductions devinrent aussi recherchées que les pièces originales. Voici les éléments clés pour identifier une véritable chaise Duncan Phyfe.
Le dossier de la chaise
L'indice le plus caractéristique d'un design Duncan Phyfe réside dans le dossier. Phyfe y sculptait souvent la forme classique d'une harpe ou d'un luth, placée au centre du dossier ajouré. Ne se limitant pas à ces motifs, il intégrait également un X unique, une série de traverses croisées, ou encore des barres parallèles surmontées d'un médaillon central. La simplicité des lignes et l'apparence aérée demeurent les signatures incontestables d'un dossier Phyfe.
Les accoudoirs
Lorsqu'il concevait des chaises à accoudoirs, Phyfe optait pour des accoudoirs en pente douce, descendant gracieusement du dossier vers les montants de l'assise. Finement sculptés, ils ne dominaient jamais l'ensemble du design. Certains modèles présentaient un accoudoir se prolongeant en une volute enroulée, habilement dissimulée en dessous. Le tournage du bois restait toujours sobre et exempt d'ornementation superflue.
Les pieds de chaise
Phyfe s'écartait rarement du pied légèrement évasé, devenu l'une de ses marques de fabrique les plus reconnaissables. Parfois, une traverse était ajoutée entre les pieds des chaises latérales afin de renforcer la stabilité de ses créations les plus délicates. Sur certains modèles, il tournait le bois au sommet du pied, à l'endroit où il rejoignait l'accoudoir, en un élément de liaison finement travaillé. Cette prouesse visuelle donnait l'illusion d'une structure fragile, capable pourtant de supporter un poids considérable.
L'assise
Le garnissage constitue l'élément principal de l'assise d'une chaise Phyfe. Certaines chaises d'appoint présentent toutefois une assise simple en cannage. Les assises adoptent une forme carrée ou en fer à cheval, et le tissu choisi se veut dépourvu de tout ornement : ni clous décoratifs, ni franges, conformément à l'esthétique épurée de l'ébéniste.
Les autres marques distinctives de Duncan Phyfe
Une authentique chaise Duncan Phyfe est entièrement façonnée à la main, sans aucune quincaillerie métallique : ni clous, ni pièces de fixation. Elle est réalisée intégralement en bois, assemblée selon des techniques traditionnelles. Si Phyfe travaillait essentiellement l'acajou, son atelier produisit également des pièces en pin et en merisier. Le style néoclassique, le plus souvent associé aux meubles de Duncan Phyfe, céda progressivement la place à des stylisations plus élaborées vers la fin de sa carrière. Néanmoins, la chaise traditionnelle Duncan Phyfe reste aujourd'hui célébrée pour ses lignes épurées et la simplicité élégante de sa construction, faisant d'elle une pièce prisée des collectionneurs et des amateurs de mobilier antique.
Source : https://jardin.98905.com/furniture/chairs/1007033812.html
