Construites du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, les maisons victoriennes se distinguent par leur menuiserie extrêmement ornée, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Treillages décoratifs « gingerbread », garde-corps à fuseaux de bois et bardages en écailles de poisson, mêlés au bardage traditionnel à clin, offraient aux peintres l'occasion de créer des combinaisons de couleurs d'une beauté remarquable. Les peintures de cette époque ne bénéficiaient pas encore des pigments vifs et éclatants apparus ultérieurement : les teintes étaient plutôt discrètes et s'appuyaient sur des nuances variées et des couleurs d'accentuation qui donnaient naissance à un style pictural bien particulier.
Le schéma classique à trois couleurs
Une palette extérieure victorienne traditionnelle repose sur trois couleurs de peinture. La majeure partie du bardage de la maison est peinte dans une teinte moyenne. Les encadrements de fenêtres et de portes adoptent une seconde couleur plus foncée appartenant à la même famille chromatique. Enfin, les soffites, les bandeaux de toiture et les moulures d'accentuation sont traités dans une troisième teinte plus claire. Dans certains cas, la couleur du bardage et celle des moulures d'accentuation échangent leurs places ; toutefois, la plupart des schémas victoriens combinent un corps de teinte moyenne avec des tons plus foncés et plus clairs réservés aux moulures.
Le schéma à quatre couleurs
Les maisons victoriennes présentaient souvent deux styles distincts de bardage en bois. Le bardage à clin traditionnel couvrait la majeure partie de la façade, tandis que le bardage en écailles de poisson, ou bardeaux de cèdre, servait à attirer le regard vers les lucarnes ou les saillies architecturales telles que les tourelles rondes. Lorsque deux types de bardage coexistent sur une même maison, chacun reçoit sa propre couleur pour compléter l'ensemble. Un schéma extérieur victorien classique compte donc deux ou trois couleurs issues de la même famille, tandis qu'une quatrième teinte — provenant d'une famille complémentaire ou contrastée — met en valeur la riche menuiserie ornementale caractéristique du style victorien.
Le schéma à cinq couleurs
Les demeures de deux ou trois étages, dotées de deux styles de bardage et d'une grande quantité de boiseries décoratives, peuvent être peintes avec cinq couleurs. Si les petites maisons risquent de paraître surchargées avec autant de teintes, une grande demeure offre au contraire une toile complexe idéale pour le peintre. Deux couleurs sont appliquées au bardage, une troisième habille les moulures d'accentuation, tandis qu'une quatrième, généralement plus sombre, est réservée aux fenêtres et aux portes. La cinquième et dernière couleur constitue une teinte vive et fortement contrastée, telle que le rouge, le blanc ou le jaune. Elle sert à souligner les détails les plus fins de l'architecture victorienne, comme les frises découpées ou les treillages ornementaux.
Les recommandations des fabricants de peinture
La plupart des grandes marques de peinture, notamment Behr, Sherwin-Williams, Valspar et Glidden, ont conçu des palettes victoriennes harmonieuses prêtes à l'emploi. Ces fabricants proposent leurs combinaisons de couleurs dans des brochures à emporter, illustrées de photos de maisons peintes selon ces schémas et accompagnées de petits échantillons de surfaces réelles. Comme repeindre la façade d'une maison représente un investissement considérable en temps et en argent, il est conseillé aux propriétaires de prendre le temps de choisir leur palette et de l'accorder au caractère unique de leur demeure.
Conseil pratique
Avant de vous engager, testez vos couleurs favorites sur une petite zone de façade et observez-les à différents moments de la journée : la lumière naturelle modifie considérablement le rendu des teintes et vous évitera bien des déceptions.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/decorating-colors-patterns/1007058910.html
