Les murs en pierre sèche sont des ouvrages de soutènement protecteurs, généralement employés pour lutter contre l'érosion, composés exclusivement de roches naturelles emboîtées et empilées les unes sur les autres — sans béton, ciment, mortier ni armature métallique. Ces roches présentent donc une propension plus élevée à se déplacer sous l'effet de la pression. La stabilité de l'ouvrage repose ainsi entièrement sur la taille, la forme, le poids et le frottement entre les pierres de forme naturelle. L'Associated Rockery Contractors (ARC) a élaboré une série de directives destinées à aider les constructeurs à réaliser correctement ce type de mur de pierre.
Qualité et densité des roches
- Chaque pierre utilisée dans un mur en pierre sèche doit être une roche de banc anguleuse, en bon état structurel et résistante aux intempéries. En outre, la plus grande dimension de chaque roche ne doit pas excéder trois fois sa plus petite dimension. La densité de chaque pierre doit être supérieure ou égale à 155 livres par pied cube, soit environ 2 480 kg/m³.
Pentes
- Toute pente située au-dessus du mur doit être maintenue aussi plate que possible et ne jamais dépasser une inclinaison de 2 unités horizontales pour 1 unité verticale, sauf si elle a été spécifiquement conçue pour supporter la surcharge, c'est-à-dire la contrainte latérale exercée sur la face arrière du mur. Les pentes doivent être garnies d'une végétation à racines profondes et recouvertes de paillis afin de se protéger contre l'érosion provoquée par le ruissellement des eaux de surface.
Compactage du remblai et renforcement
- Pour tout mur construit devant un remblai, il est essentiel de veiller à ce que celui-ci soit composé exclusivement de matériau granulaire propre, exempt de matières organiques et de débris, dont les éléments ne dépassent pas 10 cm (4 pouces). Le remblai doit être mis en place en couches minces de 25 cm (10 pouces) d'épaisseur maximum en vrac et compacté à au moins 95 % de sa densité sèche maximale. Pour un mur de moins de 2,4 m (8 pieds) de haut, la méthode principale consiste à construire le remblai en excès puis à le raboter, tandis que les murs plus hauts exigent un renforcement par géogrille ou géotextile.
Tranchée d'assise et drainage
- La tranchée d'assise constitue la première étape de construction du mur après l'excavation générale. Elle doit former une tranchée d'au moins 30 cm (12 pouces) de profondeur, destinée à recevoir la rangée de base de roches, et s'étendre sur toute la longueur de l'ouvrage. De plus, installez un tuyau de drainage en plastique fendu ou perforé, d'un diamètre minimal de 10 cm (4 pouces), à l'arrière de la tranchée, derrière la roche de base, en assurant une pente suffisante pour l'écoulement vers un point bas.
Épaisseur du mur
- L'épaisseur du mur, déterminée au cas par cas, correspond généralement à la largeur des pierres individuelles augmentée d'au moins 30 cm (12 pouces) supplémentaires pour la couche de pierre drainante. Plus le mur est haut, plus chaque pierre doit être large. Par ailleurs, si le mur doit remplir une fonction de soutènement, son épaisseur doit être suffisante pour résister à la charge prévue. Dans certains cas, plusieurs rangées de roches peuvent s'avérer nécessaires.
Forme et stabilité des roches
- Toutes les roches participant à la stabilité fondamentale du mur doivent présenter une forme globalement rectangulaire, cubique ou tabulaire, tandis que les pierres de forme circulaire ou tétraédrique ne doivent servir qu'à combler les grands vides, voire être écartées. Utilisez uniquement des roches dépourvues de fissures majeures, de joints de stratification ou de plans de foliation, sauf si elles sont fermement maintenues par les roches environnantes.
Pose des roches
- La rangée de base doit être posée sur un sol ferme et incompressible, à au moins 30 cm (12 pouces) sous le point le plus bas du terrain adjacent. Au fur et à mesure de l'élévation des rangées, aucun plan de joint continu ne doit apparaître, ni en sens latéral ni vertical. Dans la mesure du possible, chaque roche doit reposer sur au moins deux pierres. La rangée supérieure du mur doit également s'incliner vers l'arrière, face au sol protégé, car les roches empilées tendent à basculer vers l'extérieur lorsqu'elles s'affaiblissent. De même, aucune roche ne doit présenter une surface supérieure descendante par rapport à la face du mur.
Autres considérations
- L'inclinaison de la face d'un mur en pierre sèche ne doit jamais être inférieure à 1H:4V (1 unité horizontale pour 4 unités verticales), avec une pente recommandée de 1H:6V vers la face protégée. Afin d'assurer le drainage derrière le mur et de prévenir une érosion importante du sol, installez une couche de pierre drainante de 30 cm (12 pouces) d'épaisseur, portée à 45 cm (18 pouces) pour les murs de plus de 2,4 m (8 pieds). Enfin, les vides présents dans le mur ne posent pas nécessairement problème et n'ont pas besoin d'être comblés avec des pierres plus petites, tant qu'un contact ferme existe entre toutes les roches bordant le vide. Plus les pierres utilisées sont grandes, plus le vide toléré peut être important.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/rock-garden/1007005988.html
