Aujourd'hui, les propriétaires tiennent le rangement de leur cuisine pour acquis. Des rangées d'armoires hautes et basses garantissent que la vaisselle, les casseroles et les provisions trouvent chacune leur place attitrée. Pourtant, les armoires de cuisine n'ont pas toujours été aussi répandues. Un retour sur l'évolution de la vie en cuisine entre 1850 et 1950 explique pourquoi les armoires prolifèrent aujourd'hui dans nos intérieurs.
1850 : la cuisine, pièce de vie polyvalente
Au milieu du XIXe siècle, les cuisines de la plupart des maisons étaient de vastes pièces servant à la fois à cuisiner, à manger et à se réunir. Une grande table centrale dominait l'espace, accompagnée d'une cheminée ou d'un poêle. À cette époque, les poêles à bois, posés sur l'âtre ou installés de manière autonome, devenaient de plus en plus courants.
Les possessions étant peu nombreuses, le rangement se limitait à quelques étagères fixées au mur. Parfois, une armoire à confitures ou un garde-manger sur pied offrait un espace de stockage pour les conserves maison ainsi que pour les aliments semi-périssables comme les tartes, les gâteaux et le pain.
L'économie domestique : vers une cuisine rationalisée
Dans les années 1870, un mouvement visant à rendre le travail des femmes plus efficace a favorisé une meilleure organisation de la cuisine. Catherine Beecher, économiste domestique renommée, préconisait un placement judicieux des éléments de cuisine ainsi que des meubles spécialisés pour faciliter le rangement et l'accès.
Les armoires indépendantes sur pieds, dotées de compartiments dédiés aux produits de base tels que la farine et le saindoux, se sont alors généralisées. Dans le même esprit, l'armoire à pâtisserie Hoosier, conçue pour économiser les déplacements, a fait son apparition juste avant 1900.
La pénurie de main-d'œuvre domestique
Les essors économiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ont entraîné une pénurie de personnel domestique. La plupart des femmes des classes moyenne et moyenne supérieure devaient dès lors cuisiner elles-mêmes, ce qui a conduit à réduire la taille des cuisines pour faciliter le travail.
Le rangement est devenu un critère essentiel de la conception des cuisines, et les cuisines en enfilade, inspirées des offices de majordome, se sont répandues. Des batteries d'armoires hautes sur mesure, construites sur place et généralement finies en bois ciré, gardaient les indispensables à portée de main.
Cependant, le souci de maintenir les sols propres sous les meubles imposait que les appareils et les meubles de cuisine restent sur pieds. C'est pourquoi les armoires basses n'ont véritablement rattrapé leur retard qu'à partir de 1920 environ.
Les années 1930 : l'avènement des armoires standardisées
Dans les années 1930, les armoires préfabriquées sont devenues accessibles aux constructeurs comme aux particuliers. Les fournisseurs de matériaux de construction et les grands distributeurs, tels que Sears, proposaient des armoires en dizaines de dimensions et de configurations.
La standardisation a rendu ces armoires plus abordables et plus simples à installer. Recouvertes de peinture, elles séduisaient par leur aspect épuré et moderne. En 1950, les armoires en acier s'imposaient comme une option abordable, durable et facile à nettoyer.
Un héritage toujours présent
De la simple étagère murale aux rangées d'armoires peintes puis métalliques, l'histoire des armoires de cuisine témoigne de l'évolution profonde des modes de vie domestiques. Aujourd'hui encore, cette quête d'efficacité et d'organisation, amorcée il y a plus d'un siècle, continue de façonner la cuisine moderne.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/historic-restoration/1007029375.html
