Des milliers d'espèces de bois poussent à travers le monde, mais toutes ne conviennent pas à la construction navale. Un bois destiné au milieu marin ne doit être ni trop tendre, ni cassant, ni sujet à la pourriture, ni trop léger et poreux, ni trop court pour fabriquer les longues pièces nécessaires aux quilles et au bordage. Au fil des générations d'essais et d'erreurs, de nombreuses essences ont fait leurs preuves en résistant à l'épreuve du temps. Les feuillus denses, ainsi que certains résineux, demeurent aujourd'hui les plus employés dans la construction de bateaux.
Les essences de bois incontournables en construction navale
Apitong
L'apitong pèse environ 44 livres par pied cube (soit près de 705 kg/m³), ou 3,67 livres par pied-planche. Originaire des Philippines, de Malaisie et d'Indonésie, il présente un aubier jaune crème, gris ou blanc, avec un fil généralement droit. Il sèche lentement et offre une résistance modérée à la pourriture. Sa solidité est excellente : il retient bien les fixations et remplace fréquemment le chêne blanc, tout en restant moins durable que ce dernier.
Frêne blanc
Le frêne blanc pèse environ 42 livres par pied cube (673 kg/m³), soit 3,5 livres par pied-planche. Il provient principalement de l'est des États-Unis. Son duramen est brun, tandis que son aubier tire vers le blanc. Doté d'un fil droit, il conserve bien sa résistance et se prête parfaitement au cintrage à la vapeur. Sa faible résistance à la pourriture limite toutefois son emploi à la menuiserie, à la charpente des petites embarcations, aux safrans et aux avirons.
Greenheart
Le greenheart possède un cœur très dense : environ 61 livres par pied cube (977 kg/m³), soit 5,08 livres par pied-planche. Originaire d'Amérique du Sud et de Guyane, on le trouve également dans les Antilles. Ses propriétés le rendent résistant à l'humidité et même à certains animaux foreurs marins. Sa rigidité l'a rendu célèbre autrefois dans les milieux européens de la construction navale. Ses couleurs vont du jaune verdâtre au brun profond, voire au violet. Sa densité et son poids élevés lui confèrent solidité et résistance aux chocs, mais peuvent aussi alourdir inutilement l'embarcation.
Iroko
L'iroko pèse environ 40 livres par pied cube (641 kg/m³), soit 3,33 livres par pied-planche. Principalement originaire d'Afrique, il ressemble au teck, mais sa structure est plus faible. Il offre une résistance modérée à la pourriture et aux tarets marins. Facile à travailler, il présente un duramen vert ou jaune qui vire au brun sous l'effet du soleil. L'Europe le privilégie comme matériau de construction navale depuis des générations.
Lignum vitae
Avec ses 76 livres par pied cube (1 217 kg/m³) et ses 6,33 livres par pied-planche, le lignum vitae est le bois le plus lourd connu. Il pousse dans les Antilles et en Amérique centrale. Ce bois contient des poches d'huile naturelles, ce qui le rend idéal pour les paliers d'arbre de gouvernail, les semelles de vis sans fin et les quilles, avec quelques applications en tasseaux de frottement. Son duramen va du bleu au presque noir, avec un aubier crème. Il résiste extrêmement bien à la pourriture et aux tarets marins et possède une remarquable résistance à la compression.
Acajou d'Afrique
Avec 32 livres par pied cube (513 kg/m³) et 2,67 livres par pied-planche, l'acajou d'Afrique ressemble au véritable acajou, mais ses couleurs vont du rose au brun rougeâtre. Il ne se travaille pas aussi facilement que l'acajou véritable, mais résiste à la pourriture et présente une bonne durabilité. Le bois résiste bien au retrait et supporte les variations saisonnières sans se déformer.
Vrai acajou
Bien qu'il porte parfois le nom d'acajou mexicain, cet arbre pousse en Amérique du Sud, en Amérique centrale, dans une partie des Antilles et en Floride. Le duramen peut varier considérablement selon sa région d'origine, mais il contient généralement des pigments rougeâtres ou bruns, avec une sève crème. Il présente une excellente résistance à la pourriture, vieillit bien en extérieur et affiche un taux de retrait modéré. Les espèces d'Amérique centrale sont les plus recherchées pour la construction navale.
Chêne blanc
Le chêne blanc peut être assez dense : environ 47 livres par pied cube (753 kg/m³), soit près de quatre livres par pied-planche. Considéré comme un bois de l'Est, il présente une structure plus faible que celle du chêne rouge. Il pourrit facilement s'il n'est pas traité. Son duramen va du beige au brun clair. À l'état vert, le chêne blanc se prête aisément au cintrage à la vapeur. Il reste néanmoins difficile à travailler et exige des outils de coupe très affûtés. Certains adhésifs adhèrent mal sur ce bois une fois immergé, en raison de sa forte teneur en acidité.
Teck
Le teck pèse environ 43 livres par pied cube (689 kg/m³), soit 3,58 livres par pied-planche. Considéré comme le bois le plus résistant à la pourriture au monde, il présente néanmoins une légère sensibilité à l'adhérence de certains organismes foreurs marins. Le teck pousse en Thaïlande, dans les Indes orientales et en Birmanie. Son aubier va du blanc au brun. Le fil est droit et la texture du bois offre un toucher rugueux ou huileux. Le bois peut être cassant et émousse les outils de coupe. On l'utilise couramment pour les ponts, les salons, la menuiserie et les aménagements intérieurs.
Cèdre de Port Orford
Le cèdre de Port Orford pèse environ 30 livres par pied cube (481 kg/m³), soit 2,5 livres par pied-planche. Résineux par excellence, le cèdre provient du sud de l'Oregon et de certaines parties du nord de la Californie. La variété de Port Orford est le cèdre le plus utilisé en construction navale, grâce à son grain fin et à sa solidité. Son duramen va du jaune clair au brun et dégage une odeur épicée. Il offre une excellente résistance à la pourriture et des performances honorables sur tous les autres critères.
Comment choisir le bon bois ?
Le choix de l'essence dépend avant tout de l'usage prévu : le teck et l'iroko excellent pour les ponts et les aménagements exposés, le greenheart et le lignum vitae conviennent aux pièces soumises à de fortes contraintes mécaniques, tandis que le cèdre et le frêne blanc se prêtent mieux aux structures légères et aux petites embarcations. En tenant compte du poids, de la résistance à la pourriture et aux tarets marins, ainsi que de la facilité de travail, chaque constructeur pourra sélectionner le matériau le mieux adapté à son projet.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/architecture/1007032078.html
