La mythologie grecque raconte l'histoire de Daphné, une nymphe d'une grande beauté qui fut métamorphosée en laurier. Pour perpétuer sa mémoire, Apollon, le dieu du soleil, tressa ses feuilles en une couronne qui devint le symbole de la victoire et de l'accomplissement. Originaire du bassin méditerranéen, le laurier a conquis le monde entier grâce à sa beauté et son élégance. Sa croissance lente, son port compact et son feuillage persistant brillant en font une plante idéale pour former des haies. Vous pouvez facilement le multiplier en réalisant vous-même des boutures de tiges, en suivant attentivement les étapes ci-dessous.
Matériel nécessaire
- Un laurier mature
- Un greffoir (couteau de bouturage)
- Du sable
- De la tourbe
- De la perlite
- Des petits cailloux ou graviers
- Un pot de fleurs d'environ 8 cm de diamètre
- De l'hormone de bouturage à base d'auxine
- Une soucoupe
- Trois crayons
- Un arrosoir muni d'une pomme
- Un grand sac plastique transparent
- Un pot de fleurs d'environ 10 cm de diamètre
- Du terreau
Étape 1 : Prélever la bouture
1. Choisir le bon rameau
Repérez un rameau latéral partant de l'une des tiges principales du laurier mature. Écartez les pousses tendres, vertes ou souples, car il s'agit de pousses de l'année, impropres au bouturage. Privilégiez un rameau plus rigide, d'environ 15 cm de long, à l'aspect dur et ligneux : c'est le signe qu'il a au moins deux ans et qu'il convient parfaitement à la multiplication.
2. Arracher la bouture avec son « talon »
Saisissez le rameau choisi entre le pouce et l'index, puis tirez fermement dans le sens opposé à celui de la pointe de la tige principale. Le rameau doit se détacher en emportant une fine lamelle d'écorce et de tissu ligneux de la plante mère. Une bouture réussie nécessite cette lamelle à sa base : on parle alors de bouture « à talon », particulièrement favorable à l'enracinement.
3. Blesser la base de la bouture
Avec la pointe du greffoir, pratiquez une entaille verticale d'environ 2,5 cm sur chaque côté de la base du rameau. L'objectif est de traverser l'écorce ligneuse afin de mettre à nu le tissu plus clair situé en dessous, sans entailler profondément ce dernier. Cette technique, appelée « blessure », stimule fortement l'émission de racines après la plantation.
4. Supprimer les feuilles basses
Coupez toutes les feuilles situées sur les 5 premiers centimètres à partir de la base du rameau. Au contact du substrat humide lors de la plantation, elles risqueraient de pourrir et de compromettre la bouture.
5. Conserver le feuillage supérieur
Gardez intactes toutes les autres feuilles du rameau. Selon le département d'horticulture de l'Université d'État de Washington, celles-ci favorisent la formation des racines : veillez donc à préserver la plus grande surface foliaire possible.
Étape 2 : Enraciner la bouture
6. Préparer le substrat de bouturage
Mélangez à parts égales du sable, de la tourbe et de la perlite pour obtenir un substrat léger et drainant. Déposez un ou deux cailloux au fond d'un pot d'environ 8 cm de diamètre afin d'assurer un bon drainage.
7. Appliquer l'hormone de bouturage
Versez une pincée d'hormone de bouturage à base d'auxine dans une soucoupe propre. Roulez délicatement l'extrémité coupée du rameau dans la poudre de manière à enrober entièrement sa base, en insistant particulièrement sur les zones blessées.
8. Planter la bouture
Percez un trou au centre du substrat à l'aide d'un crayon, puis faites-le pivoter pour l'élargir jusqu'à ce qu'il puisse accueillir le rameau sans faire tomber la poudre d'hormones. Insérez ensuite la bouture dans le trou, de façon à ce qu'elle soit enfouie sur environ la moitié de sa hauteur.
9. Arroser et créer un effet de serre
Tassez le substrat autour de la bouture, puis arrosez généreusement le pot à l'aide d'un arrosoir muni d'une pomme. Recouvrez le pot d'un grand sac plastique transparent afin d'éviter la perte d'humidité et de retenir l'air chaud autour de la bouture. Maintenez le sac à distance grâce à des crayons plantés dans le substrat, pour que le plastique ne touche pas le feuillage.
10. Patienter et vérifier l'enracinement
Placez le pot dans un endroit chaud, à l'abri du soleil direct, et veillez à ce que le substrat reste constamment légèrement humide. Après deux à trois mois, si la bouture résiste lorsque vous tirez doucement dessus, elle a développé un système racinaire sain : vous pouvez alors retirer le sac plastique.
Étape 3 : Rempoter et planter en pleine terre
11. Préparer le nouveau pot
Déposez un ou deux petits cailloux au fond d'un pot d'environ 10 cm de diamètre, puis remplissez-le de terreau. Percez un trou au centre du terreau à l'aide d'un crayon.
12. Transplanter la bouture enracinée
À l'aide de la pointe d'un crayon, dégagez délicatement le substrat autour de la bouture enracinée, puis soulevez-la sans abîmer ses jeunes racines. Plantez-la dans le terreau du pot, tassez la terre autour d'elle et arrosez abondamment à l'aide d'un arrosoir muni d'une pomme.
13. Endurcir progressivement la bouture
Sortez le pot à l'extérieur par temps clément afin d'« endurcir » la bouture et de l'habituer peu à peu aux conditions extérieures. Ne la laissez jamais dehors la nuit ni par temps froid, et évitez de l'exposer directement aux rayons du soleil.
14. Procéder à la plantation définitive
Après environ deux semaines d'endurcissement, plantez la bouture à son emplacement définitif. Les lauriers préfèrent un sol frais et bien drainé, et prospèrent aussi bien en plein soleil qu'à mi-ombre.
Conseil supplémentaire
Pour maximiser vos chances de réussite, réalisez vos boutures de laurier en fin d'été ou au début de l'automne, lorsque les rameaux sont semi-ligneux. Avec un peu de patience et de soin, vous obtiendrez de nouveaux plants vigoureux, parfaits pour créer une haie dense et décorative ou offrir un symbole vivant de gloire et de réussite.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/shrubs/1007112429.html
