À l'état sauvage, les roses poussent en rouge, rose, jaune et blanc. Les variations éblouissantes proposées aujourd'hui dans les catalogues de jardinage ou chez les fleuristes ont élargi cette palette de base à toutes les couleurs, à l'exception du bleu. Ces variations chromatiques résultent de la génétique ou des conditions environnementales. La sélection volontaire, le croisement accidentel ou l'apparition d'une mutation sur un rosier peuvent produire des couleurs différentes de celles des parents, y compris des panachures. Les influences phototropes et thermotropes peuvent également engendrer des variations fascinantes.
La sélection génétique
Les cellules des pétales de roses contiennent des pigments capables d'absorber, de transmettre et de réfléchir la lumière blanche. Comme avec une boîte de peinture, le mélange des couleurs donne des résultats relativement prévisibles. L'introduction de roses jaunes sauvages dans les programmes de sélection a ainsi permis d'obtenir les premières roses orange connues, autour du tournant du XXe siècle.
La concentration de pigments ou la variation du pH de la sève cellulaire influence directement la couleur finale de la fleur. Les oligo-éléments présents dans le sol jouent aussi un rôle non négligeable. Les obtenteurs prennent donc tous ces facteurs en compte lorsqu'ils sélectionnent les rosiers pour leur coloration.
La pollinisation accidentelle
Dans les champs, les roses sont pollinisées naturellement, comme toutes les autres plantes, et des semis aux couleurs remarquables peuvent naître de ces croisements libres. C'est ainsi que le rosier grimpant 'William Baffin' doit son rose éclatant à ses parents, suite à une pollinisation ouverte.
Lorsqu'une couleur particulièrement séduisante apparaît sur un semis fortuit, les obtenteurs saisissent cette opportunité avec le plus grand sérieux : ils testent et développent la nouvelle plante pendant plusieurs années afin d'évaluer son potentiel commercial avant toute mise sur le marché.
Les mutations, ou « sports »
Chez les roses, un « sport » désigne une mutation génétique qui survient sur une branche d'un rosier. Cet événement, qu'il soit naturel ou induit par l'environnement, reste totalement imprévisible. Les mutations présentant un intérêt sont clonées puis cultivées comme candidates potentielles pour la commercialisation.
'Chicago Peace' est un célèbre sport de la mythique rose 'Peace'. Découverte à Chicago, elle affiche une coloration rose et orange bien plus profonde et intense que celle de sa parente. De même, 'Autumn Sunset' est une rose jaune issue d'une mutation, très proche dans sa forme de son parent orange, 'Westerland'.
Les influences phototropes et thermotropes
La lumière et la température peuvent fortement modifier les nuances de certaines roses. Des températures fraîches intensifient les teintes : les roses blanches ou très pâles adoptent alors des reflets roses, abricot ou jaunâtres durant les saisons froides.
Inversement, la chaleur délave la couleur de certaines variétés claires : les roses roses ou jaunes peuvent virer au blanc, ou presque, au cœur de l'été. En effet, la disponibilité des sucres au stade du bouton floral dépend de la température et de la luminosité, ce qui explique ces variations induites par l'environnement.
Le thé hybride 'Double Delight' illustre parfaitement ce phénomène : cette rose blanche développe une coloration rouge cerise proportionnelle à son exposition au soleil. Certains obtenteurs contemporains, comme John et Robyn Sheldon, exploitent activement ces tendances dans leurs programmes de sélection pour créer des variétés toujours plus spectaculaires.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-roses/1007132701.html
