Il est tout naturel de vouloir protéger ou entretenir la finition d'une vieille chaise à laquelle on tient, afin de préserver son caractère sans le masquer. Si la chaise est un antiquité déjà dotée d'une finition, l'experte en évaluation Karen M. Keane recommande de la modifier aussi peu que possible. Vous disposez néanmoins de plusieurs options de finition à base de matériaux traditionnels si la chaise a déjà été poncée, ou si la finition existante s'est tellement dégradée que le ponçage devient inévitable.
Gomme-laque et vernis
Parmi les revêtements de surface traditionnels du mobilier en bois figurent le vernis glycérophtalique à base d'huile de lin et la gomme-laque. Cette dernière, issue de sécrétions d'insectes, nous arrive d'Inde et de Chine sous forme d'écailles qu'il faut dissoudre dans l'alcool. Selon la variété utilisée, elle confère au bois une teinte ambrée plus ou moins prononcée.
Une méthode traditionnelle, valable pour les meubles comme pour les chaises, consiste à appliquer deux ou trois couches de gomme-laque au pinceau, en égrenant chaque couche avec de la laine d'acier avant de poser la suivante, puis à terminer par une couche de cire que l'on fait ensuite briller. Le vernis, lui, offre un rendu bien moins subtil : il était d'ailleurs traditionnellement réservé aux menuiseries et aux moulures plutôt qu'au mobilier.
Teintures, huiles et cires
Les teintures traditionnelles se résumaient souvent à un simple pigment naturel dissous dans de la térébenthine. Les menuisiers les employaient pour foncer le bois et lui donner l'allure de l'acajou. Quant à l'huile de tung, originaire de Chine, elle n'a atteint les États-Unis qu'à la fin du XIXe siècle : l'huile de lin cuite demeure donc la finition pénétrante traditionnelle par excellence. La cire d'abeille ou la paraffine constitue une troisième alternative, utilisée seule ou en complément des autres finitions. Selon Karen Keane, appliquer une couche de cire sur votre chaise ancienne puis la lustre reste la meilleure façon de raviver son éclat sans diminuer sa valeur aux yeux des collectionneurs.
La peinture au lait
Si vous devez décaper l'ancienne finition pour en appliquer une nouvelle, la peinture représente une option intéressante. Avant la Première Guerre mondiale, les artisans de village et les ouvriers itinérants ne disposaient ni de latex ni de polyuréthane ; beaucoup recouraient à la peinture au lait, un mélange de lait, de chaux et de pigments naturels extraits de la terre.
La méthode traditionnelle consiste à appliquer une première couche, à l'égrener à la laine d'acier, puis à en poser une seconde. La peinture au lait sèche avec un rendu parfaitement mat : si vous préférez un léger satiné, essuyez simplement une couche d'huile de lin à l'aide d'un chiffon.
La valeur d'une finition ancienne
L'emploi du laquage nitrocellulosique remonte au début du XXe siècle, celui du polyuréthane étant encore plus récent ; l'aspect brillant qu'ils procurent dessert en réalité l'esthétique des antiquités. Il est vrai que la finition d'origine — souvent complétée d'une couche de peinture — peut avoir pâli et s'être oxydée au fil des années, mais cette patine donne à la chaise un charme doux et authentique qui augmente sa valeur. Aucune finition neuve ne saurait reproduire ce caractère patiné : tant que l'ancienne finition n'est pas complètement détruite, mieux vaut donc la laisser telle quelle.
Source : https://jardin.98905.com/home-repair-maintenance/painting/1007013940.html
