Depuis le milieu du XIXe siècle, les artisans américains confectionnent des tapis crochetés pour orner leurs intérieurs. Les propriétaires aux moyens modestes désiraient des tapis chaleureux et décoratifs, mais les matériaux étaient coûteux et difficiles à se procurer à cette époque. À l'instar de l'évolution du patchwork, les premiers fabricants de tapis américains récupéraient chutes de tissu et objets mis au rebut pour créer des tapis crochetés doux et colorés, avec un investissement minimal. Cet art n'a que peu changé depuis, et l'abondance actuelle des fournitures permet aux artisans contemporains de réaliser des motifs élaborés.
Matériaux et outils
La confection d'un tapis crocheté exige trois fournitures de base : des chutes de tissu ou de la laine, de la toile de jute et un crochet. Un cadre à tapis, qui maintient la toile bien tendue pendant le travail, s'avère pratique sans être indispensable. Dans l'Amérique d'autrefois, de vieux sacs de jute étaient découpés puis réutilisés comme fondation du tapis, et l'outil n'était autre qu'un clou plié. Les artisans d'aujourd'hui emploient les mêmes matériaux et outils, simplement achetés en magasin. Tissus et laines sont disponibles dans une multitude de couleurs et de compositions, tandis que le cadre et le crochet à tapis sont spécialement conçus pour cet usage ; des crochets ordinaires peuvent parfois les remplacer. La toile de jute se vend au mètre. D'autres supports existent, comme la toile de moine, mais nombre d'artisans préfèrent toujours la trame ouverte et la rigidité caractéristique de la jute.
La technique
Le crochetage traditionnel consiste à insérer la pointe du crochet entre les fibres de la toile de jute, à attraper une bande de tissu ou de laine maintenue sous la toile, puis à tirer une boucle vers la surface. Répété sur l'ensemble de la toile, ce geste crée une série de petites boucles qui finit par la recouvrir entièrement et la transformer en un tapis épais et dense. La texture obtenue rappelle celle des moquettes berbères modernes. Nombre d'artisans travaillent avec des bandes de tissu d'environ 1,3 cm de large et de 30 à 60 cm de long, ou avec des restes de laine de dimensions similaires. Pour achever le tapis, on replie le bord brut de la toile vers l'arrière avant de le coudre, ou l'on fixe un galon de finition sur le pourtour.
Motifs
Selon Country Living, les premiers tapis crochetés américains puisaient leur inspiration dans la nature. Certains artisans dessinaient sur la toile le contour d'un oiseau, d'un chat ou d'un paysage simple servant de guide. Le fond ou le corps du tapis était exécuté dans une couleur unie, puis le motif était rempli avec des tissus ou des laines colorées. Grâce à la vaste palette de matériaux dont disposent aujourd'hui les créateurs, il est possible de composer des images d'un réalisme saisissant.
Entretien
L'aspiration d'un tapis crocheté ne présente aucun danger, à condition d'éviter les aspirateurs équipés d'une brosse rotative. Si le tapis possède un dos encollé, le secouer délicatement suffit à éliminer la poussière sans risque de dommage. Le nettoyage à sec est déconseillé pour ce type de tapis : la colle finit par céder avec le temps, prévient The Saturday Evening Post. Quant au lavage en machine, il est rarement recommandé pour quelque tapis crocheté que ce soit : les boucles se relâchent, la toile de jute perd sa rigidité et les couleurs risquent de déteindre.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/rugs/1007066166.html
