Les tapis de chiffons tissés à la main ont toujours rempli plusieurs fonctions. En tant que solution économique, leur fabrication permettait de prolonger la durée de vie des vêtements usés et des textiles ménagers. Ils protègent les zones très sollicitées des planchers nus tout en offrant une sensation agréable sous les pieds nus. À une époque où les moquettes mur à mur n'existaient pas encore, on déroulait les tapis sur de la paille fraîche pour créer un revêtement de sol moelleux. Au-delà de leur utilité, la confection de tapis constitue également une véritable expression artistique.
Les différents styles de tapis
Chaque style de tapis de chiffons tissé à la main se prête à des usages spécifiques. Les tapis à surface douce, appelés « worm rugs » (tapis de vers), sont traditionnellement réalisés à partir d'un sous-produit de filature : la lisière découpée des bords des tissus tissés. Effectivement tissés deux fois, ces tapis peuvent être confectionnés avec des matières lavables comme le coton, pour un entretien facile. Ceux réalisés en laine offrent un rendu spongieux et moelleux, mais exigent un nettoyage à sec. Une fois achevés, ces tapis se révèlent colorés, au look contemporain, doux et durables, parfaits pour l'usage quotidien et la décoration.
D'autres styles existent également, notamment les tapis torsadés et les tapis à boucles. Les tapis torsadés sont tissés avec une corde composée de nombreux brins de fils assemblés. Les couleurs de la corde peuvent être vives ou discrètes, afin de créer un tapis en harmonie avec les autres éléments décoratifs de la pièce. Quant aux tapis à boucles, ils sont fabriqués à partir de chutes issues de la production industrielle de chaussettes. Particulièrement absorbants, ils sont fréquemment utilisés comme tapis de salle de bain.
Le choix des tissus
Généralement, les artisans sélectionnent des tissus de poids et de texture similaires, ce qui garantit un rendu final homogène et une épaisseur régulière. Les couleurs sont choisies pour se compléter plutôt que pour s'opposer, afin d'obtenir un tissage équilibré et harmonieux.
La question du lavage constitue un autre critère essentiel. Associer de la laine, susceptible de rétrécir, à du polyester qui ne rétrécit pas produirait un tapis qui se froncerait et se déformerait au contact de l'eau. De même, si le coton blanc supporte un lavage à l'eau de javel, son association avec le nylon rend cette opération risquée, car elle abîmerait les fibres synthétiques. Pour un style rustique et décontracté, les tapis sont souvent tissés à partir de vieux jeans en denim bleu recyclés, découpés puis cousus en bandes.
Le métier à tisser
Le métier à tisser utilisé pour confectionner des tapis faits main peut être de qualité professionnelle ou simplement artisanal. Un objet aussi banal qu'un cadre photo robuste peut ainsi être transformé en métier à tisser. Quels que soient son type et sa construction, ce sont ses dimensions intérieures qui déterminent la taille finale du tapis. À noter qu'un cadre léger convient aux tissus fins, tandis que les matières lourdes et denses exigent un métier plus solide.
La chaîne : l'ossature du tapis
La chaîne désigne le fil ou la ficelle à travers lequel les bandes de chiffon sont tissées. Sur les métiers les plus simples, une série de clous ou de punaises est fixée en haut et en bas du cadre. Le fil est noué autour d'un clou situé dans un coin, puis tendu fermement jusqu'au clou parallèle à l'extrémité opposée, avant d'être enroulé et bouclé de manière continue jusqu'à obtenir un motif uniforme.
Les bandes de tissu sont ensuite passées à travers la chaîne, alternativement par-dessus et par-dessous. Chaque nouvelle bande est tassée fermement contre la précédente, et le tapis prend progressivement forme. C'est la chaîne qui apporte la solidité nécessaire à la cohésion de l'ensemble.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/rugs/1007010834.html
