Quand l'effondrement immobilier a secoué l'économie américaine
En 2007, le site BBC News publiait un article marquant intitulé « Housing Meltdown Hits U.S. Economy » (L'effondrement immobilier frappe l'économie américaine). Le resserrement soudain du crédit figurait parmi les principaux facteurs ayant provoqué la chute brutale des prix de l'immobilier. On suspectait alors le marché du logement américain d'être à l'origine même de la récession économique qui frappait le pays. Plusieurs années après cette crise, si les chiffres des saisies immobilières commençaient à reculer, leurs répercussions continuaient néanmoins de peser durablement sur le marché résidentiel.
Les mutations démographiques
Selon le rapport de 2010 intitulé « Housing in America: The Next Decade » (Le logement en Amérique : la prochaine décennie), le pays connaîtra dans les décennies à venir un mouvement de re-urbanisation, accompagné de la reconversion progressive des zones suburbaines à travers tout le territoire. Ces mutations démographiques joueront un rôle déterminant dans l'évolution de la demande de logements aux États-Unis.
Parmi les quelque 26 millions de membres âgés de la génération du baby-boom (55 à 64 ans), beaucoup se trouvent aujourd'hui coincés dans des biens situés en banlieue, dont l'hypothèque dépasse désormais la valeur réelle du logement. Ceux qui ont réussi à vendre ont déjà déménagé, privilégiant des habitations plus proches de leurs proches. Quant aux plus jeunes baby-boomers, âgés de 46 à 54 ans et pourtant en pleine période de revenus élevés, ils ont peu d'espoir de céder leurs maisons suburbaines dans des conditions favorables.
Le poids de la récession
La récession de la fin des années 2000 et l'effondrement du marché immobilier ont profondément ébranlé la confiance de la génération Y — les jeunes adultes de la fin de l'adolescence au début de la trentaine — dans le secteur immobilier. Assister à la perte de maisons saisies par les créanciers a considérablement réduit l'attrait de l'accession à la propriété.
Il est donc prévu que la génération Y choisisse délibérément le statut de locataire plutôt que celui de propriétaire. Cette préférence résidentielle constitue un autre facteur majeur susceptible d'influencer la demande : cette génération privilégie en effet les environnements urbains dynamiques plutôt que les quartiers périphériques.
La confiance des consommateurs
La confiance des consommateurs joue un rôle essentiel dans le secteur du logement : elle conditionne directement la hausse ou la baisse de la demande immobilière. Lorsque les perspectives économiques s'assombrissent, les ménages deviennent naturellement moins enclins à investir dans la pierre.
À l'inverse, un environnement économique stable et un marché du travail florissant renforcent l'optimisme des acheteurs potentiels et stimulent le nombre de transactions. Plusieurs éléments alimentent cette confiance : les perspectives d'emploi futur, le niveau actuel des taux d'intérêt, les anticipations concernant leur évolution, la perception de la sécurité de l'emploi, les changements fiscaux attendus ainsi que l'évolution globale de la richesse des ménages, y compris la valeur de leurs biens immobiliers.
La stabilité du marché de l'emploi
Selon l'enquête « Housing Opportunity Pulse Survey » menée en 2010, en moyenne, huit répondants sur dix considéraient que l'achat d'un bien immobilier restait une bonne décision financière — un constat remarquable compte tenu de la conjoncture économique difficile et de l'état fragile du marché du logement.
Toutefois, ces mêmes répondants identifiaient l'insécurité de l'emploi, le manque d'opportunités professionnelles et la croissance atone du marché du travail comme les principaux obstacles à l'accession à la propriété. Selon eux, c'est précisément la récession et les pertes massives d'emplois qui avaient alimenté la vague des saisies immobilières.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/home-building/1007123356.html
