La capacité d'un matériau à conserver sa forme sous une charge s'appelle le module de rupture (MOR) ou résistance à la flexion. Exprimé en livres par pouce carré (psi), le MOR d'un parquet contrecollé correspond au point précis où un poids donné provoque la fissuration ou la cassure du plancher. Cette valeur dépend avant tout de l'essence de bois dur utilisée pour le parement.
Les bases du parquet contrecollé
Le parquet contrecollé, aussi appelé plancher d'ingénierie, se compose d'un placage de bois dur collé sur une âme en bois massif, en contreplaqué ou en panneau de fibres de haute densité (HDF). C'est ce placage qui détermine à la fois l'apparence du sol et ses caractéristiques de portance.
Un placage réalisé dans un bois souple doté d'un MOR élevé aura tendance à fléchir sous le poids sans se rompre. À l'inverse, un bois cassant présentant un faible MOR risque de se briser sous des charges bien plus légères.
Le MOR des quatre essences classiques
Parmi les quatre bois durs traditionnellement employés pour fabriquer du parquet contrecollé, on relève les valeurs suivantes :
- Érable : 10 700 psi, soit le MOR le plus bas du groupe ;
- Merisier : 12 330 psi ;
- Chêne rouge : 14 300 psi ;
- Chêne blanc : 15 200 psi, la meilleure résistance à la flexion de ces quatre essences.
À titre indicatif, 1 000 psi correspondent à environ 6,9 MPa, unité plus couramment utilisée en Europe.
Autres essences de bois dur
Si votre parquet est recouvert d'une autre essence, consultez son indice de MOR pour évaluer la charge maximale qu'il pourra supporter. Voici quelques bois parfois utilisés en parement :
- Acajou royal : 11 100 psi
- Sapin de Douglas : 12 400 psi
- Cambara : 12 800 psi
- Bloodwood (bois de sang) : 12 900 psi
- Bouleau : 15 570 psi
- Acacia : 17 500 psi
- Kempas : 17 700 psi
- Cerisier brésilien (jatoba) : 19 400 psi
- Bois de tigre (tigerwood) : 20 120 psi
Les parquets fabriqués à partir de bois affichant un MOR élevé sont généralement plus onéreux, car leur production nécessite davantage de ressources et de savoir-faire.
Le test de dureté Janka
Complémentaire du MOR, le test de dureté Janka mesure la capacité d'un bois dur à résister aux chocs, aux bosses et à l'usure quotidienne. Cet indice correspond à la force nécessaire pour enfoncer une bille d'acier de 0,444 pouce (environ 11,3 mm) de diamètre jusqu'à la moitié de sa largeur dans la surface du bois.
Le sapin de Douglas, l'essence la plus facile à marquer, obtient un indice Janka de 600. À l'opposé, le cerisier brésilien, extrêmement résistant aux impacts, atteint 2 350. Parmi les essences courantes du parquet contrecollé, le merisier est le plus tendre avec 950, suivi du chêne rouge (1 290), du chêne blanc (1 360) et de l'érable (1 450).
En résumé
Pour estimer la charge que supportera votre plancher, deux indicateurs complémentaires méritent votre attention : le module de rupture, qui renseigne sur la résistance à la flexion et à la cassure, et la dureté Janka, qui traduit la résistance aux chocs et à l'usure au fil du temps. Croiser ces deux données vous aidera à choisir le parquet contrecollé le mieux adapté à l'usage prévu, qu'il s'agisse d'un passage intensif ou d'une pièce de vie calme.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/floors/1007121273.html
